EXIGENCES, DROITS ET DEVOIR
De temps en temps, les chefs socialistes publient quelques lettres du front. Qu'est-ce donc que les socialistes écrivent à leurs journaux? Ma foi, de bonnes choses. Je dirais môme qu'ils n'écrivent guère que cela, si j'en jugeais parle dernier courrier donné par M. Renaudel à V Humanité d'hier. Un combattant réclame de la presse plus de gravité, plus de sérieux, moins de « méchants contes ». « La vie des soldats est tragique », dit-il, t les soldais ne font pas de cabrioles. » « Si les soldats sont des héros, ce sont des héros silencieux et qui souffrent. » Cela est d'un ton parfaitement juste.
Je saute quelques lignes dans lesquelles, conscientes ou non, des équivoques dangereuses ont pu se glisser. J'arrive à ce passage qui fait tableau au sujet d'affirmations (\\ù conront notre aveugle pro*:se bien pensante :
On causait de ça hier dans un coin du cantonnement. Il y avait là des hommes, sur la valeur, sur le travail, sur la qualité et sur l'entrain desquels les chefs savent pouvoir compter. Je ne disais pas un mot, j'écoutais seulement ces soldats évoquant la fin, parlant du retour, redevenant hommes des métiers. L'un d'eux, syndicaliste déterminé, récemment cité à l'ov^"- '*î jour, disait :
— Ils croient, à Paris, que parce qu*on auii ; - r des mois à la guerre, on rentrera chez soi chan^- . Unt