LA SOCIÉTÉ DE DEMAIN
Ou bien la France claqiitia «.ic sa victoire ou bien il lui faudra se montrer bonne mère, ménagère et pourvoyeuse attentive des survivants, dans la mesure
'ib I.E PAHLEMENT SE RÉUNIT.
OÙ ils appartiendront aux classes les moins favorisées. J'ai essayé d'expliquer cela, en termes trop généraux, dans ma conversation avec notre excellent confrère de La Renaissance, M. Etienne Charles. En lui énumérant toutes les œuvres de reconstitution agricole et industrielle qui vont s'imposer, je lui rappelais comment, après la guerre de Cent ans et après les guerres de religion, notre ancienne organisation monarchique sut pourvoir, selon les besoins du temps, i\ des offices analogues. Reste à savoir si une démocratie ploutocratique est capable du même effort.
Ah! nous sommes fixés d'avance; un gouvernement composé de grands financiers et représenté par leurs avocats-conseils qui exercent le pouvoir en leur nom, est privé de ces moyens d'action indépendante sans lesquels la grande œuvre se soldera par une mystification plus grande qu'elle. Le soldat de ïlfumanité parle bien d'une nouvelle révolution : mais ce qu'est une Révolution et de quelles duperies s'accompagnent ces bouleversements destructeurs, nous le savons trop bien depuis cent vingt-six ans pour être fortement tentés de le recommencer. Quelques rêveurs peuvent se payer de ce mot. Il a perdu son lustre, tout comme République. Démocratie ou Socialisme. On voudrait quelque chose de constructeur, de rénovateur, d'ordonné.... Bien des lecteurs de V Humanité, que le nom de roi fait crier, viennent peu à peu h la chose, seule capable de mettre enfin d'accord les idées, les plans et les vœux que forment tous les Français à leur su ou à leur insu.
l.A ML.NACE DES POILUS ET LA FATALITÉ
37 avril 1915.
On se menace des poilus : — Nos poilus à nous autres.... — Eh! nous avons les nôtres < iare à
eux.... — Gare à vous!
Nos lecteurs nous approuveront d'avoir dédaigné
es provocations. Elles sonl indignes. Des Français
1 esprit sain ne se menacent pas de leur propre
irmée devant l'ennemi. Nous avons laissé tomber la
in d'un récent article de V Humanité où Bracke for-
iiulait un espoir désespéré dans le concours de nos
irmées victorieuses. Une lettre du front parue à
I //wmanfie d'hier, en réponse à Tappel du député du
XIV* arrondis.semrnt, vaut néanmoins la peine d'être
lue, abstraction faite du sentiment qui l'a inspirée.
D'après le correspondant de ÏHumanité, la guerre
actuelle « fait des républicains », des socialistes.
Parfaitement! La République ayant tout ordonné
pour réduire au minimum nos perles en hommes et
"H matériel, il est naturel, il est « fatal » que celte
uerre lui rallie les cœurs.... Le socialisme ayant
Unit prévu et tout combiné pour que nous fussions
prêts, que dis-je! archi -prêts, il n'est pas moins
atal que la guerre lui recrute des adhérents, lui
convertisse les récalcitrants ... De plus, la façon
particulièrement lucide dont les chefs socialistes
ont interprété, au cours des dernières années, les
ilalités économiques et politiques leur vaudra les
iifTntcr^g des « moins clairvoyants »!....