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LE GÉNÉRAL JOFFRE EN ALSACE

4 décembre 1914

Le généralissime, prenant possession d'une ville I Alsace, a donné sur les libertés alsaciennes, jadis 1 bien jurées, si fidèlement respectées par Louis XiV

I Charles X, des promesses, des garanties, des rigagements qui pourront faire envie à quelques-

iiues de nos provinces et qui seront poul-étre TauLe le la libération générale.

« Notre retour est définitif, vous êtes Français pour urs; la France vous apport^*, avec les libertés • a toujours représentées, le respect de vos liber-

.s, à vous, des libertés alsaciennes, de vos traditions, le vos convictions, de vos mœurs. *

Pour nous dissuader de prendre aucun territoire wx AUemagnes, M. Norman Angell a fait remar- , lier qu'un État qui annexe des provinces ne peut as être un État démocratique. Ou les annexés iilrenl, en effet, dans le corps électoral du pays ainqueur et ils y font des actes de souveraineté

II sens contraires à la tradition de la nation victorieuse, ou ils sont exclus de la souveraineté et

lors le vainqueur déroge contre eux à son propre latut, il sort de la règle du jeu démocratique. Plus profondément, un État démocratique livré à l inertie, à la consommation pure ou peu productif,

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soumis au déchirement réf^ulier, à l'exploitation des partis, ne dispose plus d'assez de chaleur vitale et de rayonnement national pour assimiler et, même s'il est la France, pour franciser de nouvelles villes et de nouveaux pays. M. Norman Angell a donc plus raison encore qu'il ne le croit. Ce pacifiste anglais pourrait donc, s'il le voulait, triompher (oh! en paroles), du général Joffre en lui demandant comment un État démocratique arriverait à sujv porter en Alsace des libertés qu'il ne donne pas à l'Auvergne ni au Languedoc et qu'il ne peut pas leur donner....

— Et pourquoi ne le peut-il pas?

— Parce qu'un État démocratique est électif et parce que (voilà un vieux topo de l'Action française que l'expérience confirme en le mûrissant) parce (]ue, dis-je, un État de ce genre se constitue par l'élection : le parti qui tient les urnes n'a rien de plus à cœur que de les conserver entre ses mains. Pour cela, il n'y a qu'un moyen : centraliser, c'està-dire détruire les libertés locales, celles de l'Alsace comme celles de l'Auvergne, celles du Languedoc comme celles de Normandie. On ne peut pas faire autrement tant (ju'on resie en démocratie, dirait et dirait bien M. Norman Angell.

Mais qu'est-ce qui nous oblige à rester en démo

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