L'ÉTAT RÉEL : INTÉRÊT VITAL DES PARTIS
Mais je ne parle pas à l'Étal de mon cœur ni à l'État de ma raison, ni à l'État de notre intérêt national héréditaire. Notre État est une créature des factions du moment. Il est condamné par sa loi essentielle à sortir des luttes de partis. On peut bien l'adjurer au nom des meilleurs arguments tels que Injustice, la paix, sa bonne gloire elle-même; mais ces raisons idéales sont une chose et l'intérêt supérieur de la République, autrement dit l'inlérôl vital du parti vainqueur et régnant, est une autre chose, autrement grave, matérielle, déterminante!
Un parti peut-il aller contre sa nécessité vitale? Un parti peut-il se priver de son unique moyen de durer?
M. Âbel Pifre n'a pas cru devoir soulever cette question. Pouvons-nous la négliger, nous?
Je crains que le nom du comte de Chambord, proféré tantôt à propos d'une idée juste, l'ait plus
LES DOMMAGES DE GUERRE. ît.5
inquiélé que Tidée juste ne Taura éclairé. Mais c'est
un petit malheur qui vient des nuées qui courent
-ur notre ciel : pouvons-nous ajjgraver le noalheur
Il dissimulant à M. Pifre l'essentiel de la vérité sur
raffaire qui l'inloresse?
En d'autres termes, pouvons-nous honnêtement
tisser croire à M. Abel Pifre que l'État férocement
nlralisateur dont il prévoit, signale et fixe à
avance l'erreur, est un Élat comme les autres,
lat trompé par hasard, et que la méprise aperçue
ra vite rentrer dans le droit sentier? Ne vaut-il
^ as mieux avertir M. Pifre de ce qu'il y a d'essentiel
<'l de nécessaire, de nécessairement lié à sa nature
démocratique dans l'erreur centralisatrice de notre
démocratie?