BONNES RAISONS ET BONS CITOYENS INUTILES
Le partage des allocations de guerre a déjà été utilisé par les partis municipaux : l'injustice fréquente en a été largement tempérée par l'esprit de concorde dû à la présence de l'ennemi et à la nécesté de l'union de tous contre lui; mais comment la partition des indemnités, qui aura lieu après la lerrc, passé le péril, ne sera-t-elle pas, à son tour I dans des conditions infiniment plus graves, l'enjeu de la dispute des factions? Songez qu'il s'agit lie récompenser ceux qui votent bien, de punir ceux (jui votent mal, d'accroître les premiers, de diminuer les seconds, et qu'au bout de cette longue et complexe intrigue, il y a la conservation du pouvoir. Le •uvoir : dépouilles opimes! un million de places! un budget «jtii. avant la pn^^-'-'^ '>v-« f|éjà passé jp
sixième milliard î Ces hommes ne sont certes pas des bandits. Mais pour rester intègres, justes, libres parmi des tentations pareilles, il faudrait qu'ils fussent des anges.
Donc, quelles que soient les raisons que peut faire valoir l'équité contre toute mainmise de l'État sur les commissions cantonales, cet État, c'est-à-dire le parti maître de l'État, ne pourra guère y renoncer, sinon peut-ôtre en apparence et alors dans l'arrièrepensée de retrouver cl de regagner sous une autre forme ce qu'il aura feint de céder î (Exemple : la loi municipale de 1884 annulée par voie financière).
Donc encore, c'est contre la nature des choses et par une pure chimère que nous nous escrimons ici, M. Abel Pifre et moi. Nous invoquons en vain le bon sens, les connaissances professionnelles, les méthodes des affaires. Nous en appelons vainement à la compétence de ces organisations collectives, qui rendraient de si grands services. Do façon absolumont vaine, nous prouvons que les intéressés seuls auraient qualités pour définir le dommage subi et s'entendre ensuite avec l'État qui en a souscrit la dette. Kt c'est comme si nous chantions lorsque nous ajoutons que le seul rôle équitable et légitime de l'Étal serait, avant de payer, de contrùler la noie de près. Nos raisons n'ont pas cours. Elles valent leur poids de cendre et de fumée en régime démo- ( raliquo.
L'État auquel nous avons affaire est un parti, (^omme parti vivant, il doit dire : — Vivre d'alK)rd.
Nous avons beau lui démontrer qu'en matière de vie sociale sa seule fonction un peu saine est de
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vérifier de haut et de loin. Les partisans qui vivent
[»ar lui ne peuvent renoncer à vivre en renonçant
Il plus clair de leur moyen assuré d'existence. Tout
l.lat collectif centralisera de même manière. Les
malheureuses victimes des dommages de cette guerre
n'ont qu'une voie de salut : ne compter sur personne
1 olTiciel, ni sur rien de légal. La loi conslilution-
iclle, la première de toutes, sera contre eu.x. Les
ilèrèls vitaux du monde officiel seront aussi contre
iix. Il faudra que leur résistance s'organise en
!«'hors des chemins battus. Mais cela mène loin.
t'Ia peut les mener à la Révolution, c'est-à-dire à la
line de tous, sans profit pour personne, sauf pour
ne poignée de petits juifs pillards. Cela peut les
mener au Roi, au principe héréditaire de l'État
national, mais par là môme au sacrifice d'une masse
de préjugés à laquelle plusieurs d'entre eux pensent
tenir encore. Pratiquement, il n'y a rien entre ces
deux voies. Qu'ils choisissent! Qu'ils reçoivent
issi nos vœux avec l'assurance de notre sympathie
militante cl de notre appui quotidien !