EST CE LA CROISADE
Il faul inviter tous les esprits réfléchis à suivre avec la plus grande alicntion les elTels pratiques de l'ébranlement moral causé par le dernier crime allemand. Tous les perroquets de la politique et de la morale se bornent à redire que les Allemands ont négligé ce que Bismark appelait les impondérables.
On a raison de le noter. On a encore plus raison d'ajouter que celte négligence est un tort. Les Allemands eux-mômes semblent en convenir. Ils cesseront de témoigner la moindre honte le jour où s'éteindront les effets du tort qu'ils se sont faits. Quels seront ces effets? Moraux? Politiques? L'intéressant sera de voir le degré et la force des répercussions du tort moral sur l'événement politique, de voir jusqu'à quel point l'idée pure, le sentiment pur réussiront à prendre corps, à se faire armes combattantes, baïonnette, canon, obus, shrapnell et le reste. L'idéalisme, tant vanté, de notre temps trouvera ainsi sa mesure. Ce que pèse l'impondérable, on le verra.
Si, à la nouvelle du torpillage de la LitëUania^ les neutres des deux mondes, Italiens, Hollandais, Américains, Roumains, Grecs, Chinois, Scandinaves, s'étaient précipités sur les glaives et sur les piques en jouant une marche guerrière sur les boucliers, ou si, plus prosaïquement, tous ces peuples avaient
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lénifié leur déclaration de guerre à l'AIlcrnagne, —
i^la bonne heure! aurions-nous dit, nou8 vivons en
un temps où la main n'est pas loin de la tête et du
cœur, où les bons sentiments pntr<^ndrent vite et
.»n les actions utiles.
Nous guettions, dès hier, colle ;i( mm exemplaire, nous la guetterons demain. En d'autres termes, )US ferons comme si nous l'espérions. Mais l'espérance volontaire n'est pas l'illusion, et nous n'avons pas l'imprudence de confondre le Couturaier des rapports internationaux au xx* siècle avec le Code de H Chevalerie.