LE MINISTRE ET SES COLLABORATEURS
M. Théophile Delcassé n'était d'ailleurs pas au quai d'Orsay en juillet 1914. Les actes qui l'honorent dans notre période commencent au traité d'union du 5 septembre qui lui valut l'applaudissement unanime des bons citoyens un peu lucides. Acte de haute prévoyance internationale sans doute, mais aussi grand acte de politique intérieure. Acte qui nous liait et qui nous libérait
M. Delcassé n'avnit qn'h pe -,m, , ,, , ,,< uu-iurme
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pour se persuader, contre l'avis du Temps d'hier, de la nécessité de savoir, et de bien savoir, aux Affaire*: 'S, ce qui se passe à la Guerre, h la M. it'ur et ailleurs! Bismarck jugeait la pition vingt fois nécessaire en monarchie : en démc» ' ralie, elle l'est '20000 fois. Les attaques de pressr. les attaques plus obscures du Parlement n'ont pn-manqué depuis août et septembre : elles apporteraient confirmation à cette v«Vit('' qui nVn a pns l»esoin.
Depuis, M. Delcassé placé comme nous tous sous la pression de l'ennemi a souffert, comme nous souffrons, de ce malheur immense; il en a tiré ccpenlant quoique avantage politique. Les circonstances pli définissaient son devoir brisaient aussi certaines
bstructions et réduisaient à rien certaines perfidies. .Vu demeurant, ses chances ont pu et dû varier : il 1 eu des déceptions à certains endroits, en d'autres
' succès est venu, tantôt rapide, tantôt lent, tou-
• urs appréciable et utile.
F^artoul, et môme auprès de la jeune Italie, il était desservi par la nature démocratique de 1 Htat, qui interdit beaucoup de moyens d'action ^impies et faciles. Mais il avait pour lui d'abord. l»'s « crasses » si follement prodiguées à l'Italie par les boches de Vienne et par les boches de l'erlin, depuis l'annexion de la Bosnie-Herzégoine, ensuite l'activité de notre ambassadeur qui, établi à Rome, n'en a pas bougé depuis longtemps et qui, comme son collègue de Bucarest, a bénéficié • l'une stabilité bien supérieure à celle de ses chefs
• Paris. Avant-hier, en louant M. Camille Barrère
290 I.K PAKLEMENT SE HELMT.
comm»* il le mérilo, M. Pichon. pourlant ancien ministre des Affaires ÉlrangèreB, a cru de bon goût de dauber sur ses ancien subordonnés du corps diplomatique. Ottf f^nto d^ «;K1p renferme une grosse erreui .
Le corps diplomatique françiais a raison de s'enorgueillir des Barrère et des Blondel, mais ni les Carabon, ni, pour citer un raort digne de gloire, les Révoil, ni les Louis, ni les Margerie ne sont inférieurs aux amis de M. Pichon. La vérité est que la France a été fréquemment représentée dans les capitales par des hommes de la plus haute distinction et dont les moins brillants répandaient encore une vraie spendeur quand on comparait leurs mérites personnels aux mérites personnels des agents et ministres boches. Or, le scandale de l'Europe était que les hommes d'intelligence ou d'esprit fussent toujours roulés par les rustres et les brutaux. Le diplomate expérimenté qui me confiait cette impression' ajoutait que le monde entier avait fini par chercher et trouver une solution du problème à Paris où elle n'est que trop visible....
— Chez nos hommes politiques?....
— Non : dans notre système politique.
Ce n'était pas au lendemain de l'entrée en ligne de l'Italie, c'était en une époque infiniment plus heureuse et plus prospère, il y a dix-neuf ans, au lendemain de l'apothéose de notre alliance avec la Russie, qu'un des maîtres de notre langue osait faire dire A l'un de ses personnages, porte-parole de sa pensée.