‹ Les conditions de la victoireChapitre 171 sur 204 · PERSPECTIVES RÉPUBLICAINES · texte numérisé non relu

PERSPECTIVES RÉPUBLICAINES

Ce dont il faut douter ce n'est donc pas du talent de nos diplomates, ni des idées de notre diplomatie, ni de l'expérienee et du savoir-faire de M. Delcassé : c'est du mécanisme de ce régime dont le propre aura

' iuslemenl de lenler de se débarrasser de M. Del-

i 'à l'heure précise où cet homme politique coinniençail à montrer qu'il savait son métier : ce n'esl pas un journal républicain, ce n'est même pas un journal socialiste, qui prit de haut la défense de M. Delcassé, ((uand, il y a peu de mois, les assauls lionnes par M. Clemenceau étaient devenus dangereux; ce fut un journal royaliste, ce fut le nôtre, et la Guerre sociale n'a marché que longtemi)s après lui.

C'est qu'en temps de guerre, les partis de la République, éléments essentiels du régime, peuvent iiodérer leur naturel, ils ne peuvent pas le changer l, dés que la contrainte inséparable de l'état de L;uerre aura disparu, on verra ce naturel recommencer à s'épanouir : pour quels dégûls! pour aller au-devant de quels misérables désastres!

Veut-on avoir idée de ce que serait, malgré les le(;ons de la guerre, l'esprit républicain en liberté? Il suffit de lire ce tableau d'histoire vue, tel que le race ce pauvre Hervé dont la ruse n'empêche pas la laïveté, dont les naïvetés n'empêchent pas les grosses ruses ;

Les radi u;... . V... .i caus nombreux à Berne ot a Bàlo avec nous tenter, dans des conférences inlerparlementaires avec les Allemands, le rapprochement qui eût empêché la catastrophe. Nous aurions pu pratiquer

cette politique quelques années, les anciens de 70 se seraient éteints titi à un; la démocratie allemande, malgré sa lenteur à comprendre et à se mouvoir, aurait fini par exercer son influence de l'autre côté du Rliin, et, nous aurions évité les horreurs actuelles. C'est Jaurès et nous qui avions raison, je le crois encore, maintenant que les faits semblent nous avoir doQûé un cruel démenti.

Ainsi « les anciens de 70 » du type Déroulède ou du type Delcassé ayant fini par s'éteindre un à un et robstacle à la réconciliation franco-allemande ayant ainsi disparu, la démocratie allemande aurait instantanément quitté le service impérial pour se rendre aux exhortations de Gustave Hervé cl de Jean Jaurès, d'ailleurs toujours battus dans tous les congrès internationaux! 11 est juste de dire que Gustave Hervé accuse et rend responsable de la faillite de ces beaux rêves « la rupture du bloc républicain en 1904 après « notre congrès socialiste international sur les injonc- « lions des socialistes du kaiser ». Ce qui revient à dire : — Si nous n'avions pas été battus en 1904 à Amsterdam par la social-démocratie allemande, elle aurait été battue par nous (éblouissante vérité, à peine contestable), de sorte que, cette défaite une fois infligée, nous lui en aurions administré quantité d'autres; seulement, voilà, c'est nous qui •i^f'"« ••♦•' battus, et tout le malheur vient de \h .

Le malheur est aussi qu'un radoteur de l'espèce de Gustave Hervé ait la licence de vaguer par les rues de Paris sans bonnet d'âne sur la tête ni queue de renard au collet !

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