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CUIRASSÉS ET SOUS-MARINS

Elle ne serait pas rétablie tout à fait en ce qui concerne Camille Pelletan si nous ne disions mol des sous-marins. Un éminent collaborateur et ami, technicien consommé dans les choses de marine, réduisait ici m(^me aux termes du bon sens cette question que la passion et l'imagination brouillent seules. Il faut des sous-marins, il en faudra de plus en plus, mais il faudra aussi de grandes unités. lien faudra comme il en faut en ce moment. Ce ne sont pas des sous-marins, ce n'est pas une poussière navale qui aurait réussi le blocus de l'Allemagne, assuré notre liberté sur toutes les mers, conquis la maîtrise des océans et de leurs rivages, et permis la capture d'une infinité de navires allemands. On voit quelques rares et habiles coups de force tentés ou réussis du côté allemand par les moucherons, d'acier, mais on ne voit pas les énormes services permanents rendus par les flottes qui tiennent la mer du Nord et l'Adriatique. Il faut tout voir. Il faut avoir de tout. Peut-être n'avons-nous pas assez de sousmarins; mais certainement (et non peut-être) nous n avons pas assez de gros cuirassés.

CAMILLE PELLETAN. 5(tt

Un «iH jKnioi*; que \on petits baloaux dft la floll»^ illiée ne valent pas leurs adversaires. Ce regrel-ià ifermeune jçrosse injustice. Les gens informés «vent bien que si l'un de nos sous-marins n'a pas Kussi à Pola une tentative préparée et conduite ivec une audace, une habileté, un sang froid également merveilleux, ce fut par un hasard tout à fait indépendant de» volontés et qui devrait ici nous inspirer un acte de haute admiration pour le courage malheureux. Les détails de celte aventure très belle seront connus un jour. Ils montreront que nous avons à peu prés tous les moyens d'une puissante navigation sous-marine. Le juge impartial ajoutera que cette partie de l'art du marin suppose une vie de fatigue extrême, de sacriticc perpétuel et d'activité épuisante, qu'elle requiert en outre une ngue préparation, qu'elle demande dos soins infinis, une surveillance de tous les instants exercée de très haut pour entretenir chez les officiers et les hommes le feu sacré d'un hyper-fanatisme professionnel. Or, tout cela, il faut le dire, exige un gouvernement personnel, non seulement un roi, mais un roi très doué, entouré de princes et de ministres spécialisés dans cet art ou dans un déparlement de roi art. Le prince Henri de Prusse et Tarairal de rpiz ont joué sous Guillaume II ce rôle tenu chez nous à toutes nos époques de grandes innovations navales par un Colbert ou par un Prince de Jointe. Le régime républicain supplée malaisément à ae pareils emplois, sauf dans les républiques aristocratiques telles que Venise ou Carlhage. En France, la tète a manqué. Sembal a dit pourquoi.

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