‹ Les conditions de la victoireChapitre 175 sur 204 · TRISTESSE CIVIQUE · texte numérisé non relu

TRISTESSE CIVIQUE

12 juin 1915.

Dans la nuit do jeudi à vendredi, comme nous arrivaient feuille à feuille, et quoique résumées, vibrantes encore, les énergiques paroles de Millerand, nous nous abandonnions à celte joie de voir enfin établir et proclamer avec force la vérité. Il faut que les bons citoyens ayant réfléchi vingt-quatre heures, aient le courage de revenir sur ce premier mouvement pour avouer une autre vérité, bien supérieure, car elle est de beaucoup plus pratique : combien de temps perdu! Ces colonnes du Temps, ces pages de VOfficiel correspondent à un véritable gaspillage d'heures qui seraient précieuses, employées par le Ministère de la guerre non à convertir le Parlement français, mais à poursuivre et à foudroyer l'ennemi î

Ce Parlement existe et, pour comble de maux, il a été réuni : la perte de temps n'était donc pas évitable.li la fallait. Il fallait ({ue Millerand quittât son œuvre nécessaire. Il fallait que des travailleurs opiniâtres, directeurs, coordinateurs et distributeurs des forces de la défense nationale, fissent trêve à leurs opérations de salut et se retournassent vers le Parlement de la France pour lui donner les explications qui auraient été parfaitement à leur place un mois ou deux après la fin des hostilités.. .

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