ALSACE-LORHAINE ET LA DÉCENTRALISATION
.lient du 2 janvier. Le 6, elles étaient confirmées clans le in^mc journal par un nouvel nrticlr* sur la chimère de la rou'^tilulion de rM^^^acc-Lorraific en État tampon autonome et neutralisé. Le même auteur y précisait avec hoaucoup de force sn volonl('' <}(" ne pas laisser distraire sa patrie de l'unité fran-
iise. N'imporle : la réponse du Temps parue le 6 au soir était intitulée : « FAlsace-Lorraine et Vîinitt' française » en verlu de l'éternel sophisme jacobin
li confond notre unité nationale avec notre épui-
•ite uniformité administrative.
Or, celte réponse est d'un ton! c On commence à
scuter de «livers côtés les questions qui se rattachent à Porf^aiiisation politique, administrative et économique de l'Alsace- Lorraine » et, comme cela
fait sans la permission d'un auguste et anonyme
llaborateur du Temps, attention!
Le Temps résume le délit :
On prétend qu'il sera nécessaire de doter l'AI^ace- M-raine d'un régime provisoire parce qu'il serait possible de confondre coin|ilèteraent, du jour au ideiii.'iin, la vie nationale des Alsaciens-Lorrains ec celle des autres Français. On va môme jusqu'à éconiser la nomination d'un commissaire de la •publique qui, pendant les deux ou trois années qui livraient le retour de nos frères à la mère-patrie, iitraliserait les pouvoirs administratifs, môme les • uvoirs législatifs, avec la mission de travailler à idaptation rapid<^ de la léi^islation actuelle des deux •Dvinces à celle de la France.
Tout cela est insoutenable, dit le Temps. A la « nécessité » alléguée par le représentant légifiinede l'Alsace-Lorraine. le Temps ne répond pas
Tf. 1,1. l'Mil i.Mi. NI -r i.i.i ^i i .
lui uiul. .Sou grand dédain de la question se traduit par l'absolu silence sur la question. Celle conception est « inadmissible », tranche le Temps : elle a conlr» elle « l'esprit génc^ral » de notre vie politique. Poui éviter de nommer tout de suite cet esprit, l'esprit libf^ral et déino'Talique de la Révolution, le ?'<'/' invoque le prt'texlc du patriotisme, de la fid« i alsacienne et de l'unité nationale. Mais son unit» n'est pas l'unité réelle : c'est une idée idéale, et selon l'idée archi fausse que s'en fait le T^ntps. 11 lui échappe d'en écrire plus loin l'aveu : « Nous ne pou- « vonfi pas concevoir une France où Cunité de régime » ou d'administration « ne serait pas parfaite pour - tous les citoyens et toutes les régions » ! L'unité française peut être conçue très différemment, elle a existé, elle peut exister sur d'autres modèles, mais tel est bien le type d'unité t républicaine et démocratique », tel est le caractère exact d'une France tyrannisée, despotisée, uniformisée par un césarisme administratif qui, pour être anonyme, impersonnel et collectif, n'en est pas moins infiniment plus despotique et plus absolu (jue le règne de Louis XIV.