QUE NOUS DISIONS UN AN AVANT LA GUERRE
lourderie el Timpudeur, sa nature môme; la deminiorl de la distraction et du sommeil, sa vie essentielle.
[Dans cet oubli fondamental, qui est-ce qui dirige? Personne. Rien. Ou bien les choses extérieures, les événements matériels du dehors.]
Il est lellemenl vrai quv la République est gournée par des faits extérieurs à elle et à nous, que Il preuve ou l'aveu en éclate dans ses journaux.
LE LUDION
Prenez, lecteur impartial, le plus grand de tous.
livrez le Temps. Si vous suivez les hauts et les bas
de sa ligne quotidienne, vous verrez que, dans les
«Miestions de politique militaire, qui sont, au juste,
s plus importantes pour la nation, cette ligne aura
consisté à imiter exactement les hauts et les bas de
la politique militaire allemande. Un projet de loi
militaire impérial est-il annoncé? Vite, s'écrie le
\i(nix journal républicain, aux armes î Et d'aligner
-l.-s statistiques, et de publier des tableaux, et de
I outrer qu'il faut répondre à Tennemi ainsi mena-
mt et armant! Mais la presse allemande et le
ouvernement allemand aiment-ils mieux faire les
morts pendant quelque huit jours? Aussitôt, loin de
'airer l'embûche du silence et de mettre à profil les
rieux avertissements du passé, le zèle du Temps
t de ses confrères républicains patriotes se ralentit,
ii> lAchent des articles favorables à des concessions
ri a des réductions ministérielles qu'ils eussent blâ-
mées comme inacceptables trois jours plus tôt. Mais que le bruit des armes recommence à courir, depuis la Sprée jusqu'au Rhin, à travers les organes et les conseils de Guillaume II, la trompette guerrière retentit vive et chaude parmi les abonnés de M. Adrien Hébrard et, de n<»uveau, les statistiques font rage, les dénombrements font fureur, on croirait assister à l'épique départ pour le camp dans la pièce d'Aristophane. Et Tardi^ur tombe dès que l'alerte s'apaise sur l'autre versant des Vosges. Prolongée, au contraire, l'alerte extérieure prolongera et perpétuera cette ardeur, laquelle variera exactement comme sa cause et suivra avec non moins de docilité toutes les suggestions, toutes les impulsions. »^v*^'- ^^< directions qui seront données de là-bas.
Est-il situation moins libre ou plus serviie 1 Peuton moins ressembler à une essence indépendante? Est-il possible de se montrer plus complètement infidèle à la définition officielle d'une démocratie maîtresse de ses destinées, justement fière de se gouverner elle-même? (expressions tirées d'un discours de M. Poincaré.) Le gouvernement qui fait vacdler à son gré, je ne dis pas nos armements, mais la simple velléité de nous armer, ce gouvernement n'est pas celui de la France.
[Nous t'avons redit souvent, c'est te gouvernement ennemi, qui nyit sur nous comme le pouce du physicien sur le ludion du bocal. Indirectementy c'est te HohensolU rn qui nous m^i^r \
Comment en .>;iTait il aulroment ? Où !< gouverne, personne ne gouverne; laspontanrî;
(.L uLL NUL.^ LUblU.N.-^ L .\ A.\ AVAN i LA CiLLKi;L. .^o
vornrmpntale n'u môme plus de centre d'organe, ni itli(^nien, polonais, français, l'État ne peut piub que n»)ltrr comme un bouchon de liège, sinon rouler comme' une boule de bilhird. Toutefois, si rindépendnnce et l'initiative tombent ainsi à rien, •'la n'annonce pas du tout la fin du mouvement et U's tribulations : au contraire, l'activité que nous avons plus, on nous rimprime; si nous ne mariions pas, on nous fait marcher. Marcher, c'est ubir et souflVir pour ce gouvernement né passif.