LES INDIVIDUS SOUFFRIRONT
11 ne souffrira pas dans son corps parce qu'il
en a point (j'entends un corps unique rassemblé
ir un même réseau nerveux), ni dans son âme, dont
est plus dépourvu encore : mais il en souffrira
! autant plus fort et plus profondément dans les
tiairs vives qu'il juxtapose. L'État démocratique
.uffrira dans ses membres, patriotes et bons ci-
.yens tout d'abord, dans l'ensemble de ses admi-
aistrés ensuite.
Les bons Français souffriront de sentir que l'effort
itriote leur est imposé comme les pures suites et
s simples effets des mouvements conduits contre
ix par un prince étranger. Ils souffriront de voir
animent la réaction nécessaire, au lieu de les for-
tier, les divise encore, les épuise peut-être, par le
lit de rentre-choc armé des factions.
Ce ne sont guère là que souffrances morales.
Mais, comme peu de démocraties répondent au-
lut que la nôtre à leur défînition théorique la plus
-vère, nom approchons manifestement d'une zont
86 LE PAKLEMtM :>L iu.L.Nli.
OÙ les particuliers recevront leur part inatérielle et directe de chacun des maux de VÈtat^ qui seront d'autant plus sensibles qu'ils auront été précédés d'une période plus longue ou plus profonde d'inerte insouciance et de fausse sécurité. Tous souffriront alors de cet effort violent qu'ils devront faire pour rattraper l'avance de l'ennemi, et aussi de l'effort qu'ils ne pourront pas faire, et aussi de celui qui, h. peine ébauché, sera brisé ou dispersé par l'événement.... Il faudra de toute façon s'émouvoir enfin! Et, quelque bonne chance que puisse encore ménager l'acre stimulant du péril, c'est un jeu dangereux que de se fier à ce risque, il est infini, et mieux vaudrait cent fois se pourvoir à l'avance, et le plus tôt possible, d'une organisation nouvelle et sérieuse, capable de voir, ài^ prévoir, afin fl'^^lre prt^te au jour dit.
Tel quel, nolif
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épanoui jusqu'aux derniers de ses effets, rejoindrait, atteindrait et frapperait non plus seulement « la France éternelle », mais l'être physique et moral de chacun des Français vivants, nos contemporains: ils sont menacés dans leurs biens et dans leur \'u\ Un patriotisme lucide revôt donc naturellement les formes les plus hautes de la pitié. Comment ne pas s'apitoyer sur la destinée de générations Horissantes conduites par l'ignorance, l'amnésie et l'aveuglement de l'État aux < cavernes de mort > de la plus sombre et de la plus cruello des boucheries? Juste pitié qui se transforme bientôt en colère quand on découvre dans le monde officiel et officieux un effort insolent pour nier le mal et le justifier.