‹ Les conditions de la victoireChapitre 48 sur 204 · LA VÉRITABLE UNION SACRÉE · texte numérisé non relu

LA VÉRITABLE UNION SACRÉE

Par une heureuse coïncidence» voici que M. Ferdinand Buisson, protestant convaincu, nous fait l'honneur de nous adresser à Pujo et à moi un article du Manuel général de r Instruction primaire où quelques condilions de l'union sacrée sont définies de manière si cordiale qu'à certains mots nous étions tentés de nous écrier que nous allions les dire : pour certains autres, nous les avions déjà écrits.

« Unité d'action »,dit M. Buisson, t diversité d'explication », c'est-à-dire qu'il faut marcher ensemble de corps et de cœur, mais bien se garder d'ajouter comme tous les fabricants d'union stérile, que l'on met de côté ses sentiments privés et ses motifs particuliers. Cette abstraction piéalable refroidirait tout ! Elle mènerait à nous croire Français, moiw< nos sentiments de Provençaux, de Tourangeaux, de Bretons ou de Flamands, alors que notre qualité de Français est la somme de ces sentiments au con traire ou plutôt la somme de tout ce qu'ils ont de commun, de compatible et, si j'ose faire un barbarisme, d'associable! Même ce qui diverge peut être associé à la guerre, M. Buisson le voit très bien. II cite des lettres inspirées les unes de sentiments les plus chrétiens, les autres de la fui socialiste ou paci-

LE ItMPà ET L'UNION SACRÉE.

fisle. On verrait « tel camelot di» roi », ajoute M. icrdin^nd Buisson, « «'inspirant de convictions prcci-

* sèment inverses pour aboutir, lui aussi, aune mort « héroïque ».

Il n'y a qu'une limite à cette diversité, la limite

• |ue suffit À imposer l'observation de la discipline militaire et civique. Si, au lieu de faire la guerre, les pacifistes faisaient la paix, si les socialistes au

eu de marcher contre les Hoches se tournaient outre les capitalistes français, si les royalistes renrsaient la République et si les républicains libélux se laissaient empêtrer dans les formalités consilutionnelles au lieu de s'en remettre de lout i\ hx uuveraine loi du Salut public, c'est alors que l'union «crée olTensée par l'une ou l'autre de ces actions iivergentes devrait être invoquée et rétablie d'un lot : face à l'ennemi! Mais tant que l'action converge, que le visage, les bras, la pensée de tous sont tournés du même côté, tant que chacun met au premier rang de nos nécessités politiques et militai ie>, ce priiis viver^ qu'il faut traduire lV abord 'l'urre^ le rappel à l'union sacrée est injustifié, car n étant inspiré d'aucun intérêt général, il couvre un intérêt particulier qui, ne s'avouant pas, doit être tenu pour suspect. Ce que M. Buisson appelle la livey^sité d'explication représente une nécessité poliique dérivée de nos présentes et fâcheuses diversités d'espril.

Reste la discussion entre ces explications diiVé- I entes? Autre question qu'il faut voir à part.

.Mm-hkas. — Le Parlement.

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