PEUT-ON DISCUTER
Absolument parlant, la discussion aurait dû être évitée. Cela était presque possible durant les premières semaines de la guerre, partie en raison de ce que le choc armé absorbait l'attcnlion, partie en co que le choc des idées ne s'était pas produit encore.
Mais après Louvain et surtout après Reiras, les intellectuels allemands ont pris des altitudes telles, tenu un tel langage qu'il a fallu |)our leur répondre les définir. Et là, les mâles habitudes de Tespril français sont inflexibles, il n'y a pas de politique qui tienne : ou ne pas faire ou faire bien. Il ne faut pas s'occuper d'expliquer le pangermanisme, le féroce individualisme ethnique des Allemands, ou il faut en dire les racines et les sources, telles qu'elles sont : sources idéalistes, sources mystiques, et même sources religieuses.
(Juand M. Boutroux a publié son étude majestueuse et spirituelle, mais incomplète, de la Revue des Deux Momies, il a bien fallu l'approuver de n'avoir pas reculé (comme d'autres), devant le nom (i<' Fichtc, mais le désapprouver de n'avoir pas osé prendre note des responsabilités de Kant. Nous avions tellement raison que, peu après, dans sa conférence de Londres, M. Boutroux nous fil celle concession, il nomma, il inculpa Kant. Mais, si Ton nous accorde généreusement Kant, il faut nous accorder Jean -Jacques Housseau, Rousseau né au carrefour do la latinité et de la Germanie, Rousseau grand excitateur et viviticaleur de Kant et de l'.Xllemagne.