PAR LA RAISON? NON, PAR LES COUPS
A la limite extrême des concessions permises par la paresse volontaire ou l'ignorance organisée, tout ce que nous avons obtenu, c'est, au milieu de i9ir»,
102 Lt 1\\HLE.MENT ?L Mhl.N^r.
le livre de Scrnbat, Faites un roi, sinon /uv^ . ; paix^ qui nous a dil au total : c Si vous avez raison si, à l'avenir, la question nationale l'emporte sur la question sociale, il faudra un autre régime ».
Mais Sembat se hâtait de dire que la position nationaliste du probl(''mc était vicieuse. Il attendrissait son lecteur sur nos bons Boches. Il présentait nos calculs et nos prévisions comme le témoignage d'esprils archnïques et d'imaginations surannées.... Nous étions li'llement sûrs d'cHre dans le vrai que, dès le premier jour, sans nous soucier de ce qu'il raillât notre métécophobie, son livre nous servit d'instrument de propagande, et il y sert encore : or, Marcel Sembat fait partie du gouvernement qui demande aux Chambres des armes contre le fléau des métèques Allemands naturalisés pour trahir.
Il n'y a pas un an, t»ule la presse officieuse faisait sur la loi Delbrttck un silence tellement lourd que les esprits scrupuleux et timorés se «lemand.uent si Daudet ne l'avait point rôvée : aujourd'hui le Temps déplore que cette loi fût « connue de trop peu de personnes on France » ! A qui la faute? Voilà la France entière enfin réveillée, mais comment? Il aura fallu le fait matériel et l'agression brutale des baïonuelles de l'Invasion. L'esprit français savait, la sensibilité française voyait : la France politique n'a voulu croire que le plus grossier d<*s sens, elle a dû être touchée, physiquement, malériellfment, pour reconnaître enfin non le danger, non la menace des métèques, mais I*""' " >n'î! «".n
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ENXORE LES MÉTÈQUES
5() janvier 1»15.
II faut lire à VOfficicl les déhals engagés sur les faux naturalisés.
Les libéraux, tjui, par fléfinilion, ont peu de sens, -e figuraient qu'ils obtiendraient du parti républicain la fondation d'un « ordre » de néo-Français -lagiaires, analogue à Tordre des métèques d'Athènes. Le Temps d'hier soir les détromperait s'ils avaient pu s'être abusés aux déclarations ministérielles. Le vieux bloc dos doctrines révolutionnaires s'oppuse à tout expédient de sagesse empirique. Pour emporter la décision des faibles d'esprit, le Temps recourt à rélernelle .procédure d'escamotage qui fait de l'exception la règle et de la règle l'exceplion. Soumis à un pareil régime, Léon Gambelta, dit le lemps, n'eût pas joui de ses droits politiques. C'est e dont le bien public se fût accommodé autant «jue la Justice. Mais, ajoule-t-il, Masséna n'eût pas été officier. Masséna? Originaire de Nice, Niço rap de Pruuvenço^ Nice première ville de la Provence iyn'edeiita, il eût été l'*rançais de plein droit à peine sa patrie ralliée à la France. Lt quel que soit le droit en usage, un pouvoir nalional et fort n'est jamais embarrassé d'embaucher, s<»us son contrôle et sous sa responsabilité, l'étranger de haute valeur qu'il ait nom Broglie, Mazarin, ou Maurice de Saxe. Mais les lois et coutumes existent pour parer à des
cas généraux. On ne devrait légiférer ni du particulier ni de l'individuel.
On ne légifère que de cela en régime libéral et démocratique. C'est la triste vérité qui rayonne de ces débals de VOfficiel que je recommande à tous ceux de nos amis qui ont le temps de réfléchir. Rapporleur, garde des sceaux, majorité, tous font dire à Tenvi : — Voilà comme il ne faut ni penser, ni parler.