CATHOLICISME ET SOCIALE
L'internationale socialiste se promettait d'abolir !i fait les actions guerrières en donnant dans liaquc pays, selon la formule de Marx, au senliifint social des classes la prépondérance sur le senment national. Étant prolétaires, ouvriers socia- ^tes, avant d'être Belges, Français, Allemands, xutrichiens ou Russes, les adhérents de Tlnternalionale devaient, au moment de la prise d'armes, imposer par leur fraternelle abstention générale, l observation matérielle de la paix. Cela, ils le promet (aient, ils l'annonçaient, ils s'en vantaient. Ils riaient là pour qu'il n'y eut plus de guerre. Eux présents, il n*y en aurait plus. Or, qu*est-il arrivé? L'État austro-allemand ayant attaqué, les socialistes d'Allemagne et d'Autriche ont attaqué aussi. La Belgique, l'Angleterre et la France se sont défenliies; les socialistes de ces pays se sont défendus iiissi. Tous ont suivi le sort de leurs États cl de leur peuple. Pour une raison ou pour une autre cela n'a aucun intérêt, au regard des faits à constaicr), tous ont rompu le pacte international. Faillite simultanée et complète, aussi nette qu'il était possible de la voir.
A quoi obligeait l'internationalisme catholique? A MvcBB^s. — I,e Parleroent. 0
empêcher les faits de guerre? Cela n'a jamais été prétendu. Ce n'est pas en ce monde que le calholicisme déclare vouloir cssenliellemenl établir en fait son ordre et sa paix. Le fait de la guerre ne comporte aucun démenti à ses doctrines, qui ne la nient pas plus que la peste ou que la famine, bien qu'elles prêchent énergiquement de travaillera la disparition ou à la réduction de ces trois fléaux. A quoi s'engageaient-elles, alors? Était-ce à pratiquer, en fait, les devoirs personnels et nationaux inscrits dans sa loi générale ou ses décrets particuliers?
Là, pour voir clair, il faut regarder distinctement ce qui est distinct.
Le catholicisme ne s'engage pas du tout à obtenir que ses devoirs seront mis en pratique sur terre, à toute heure du temps, à tout siècle de l'histoire et particulièrement aux siècles où son influence a été combattue. L'Internationalisme catholique ne saurait même être tenu pour équitablemeut obligé à ce que les vertus qu'il prescrit ou conseille soient pratiquées en fait par tous les peuples ou tous les individus qui ont gardé sa marque. Assurément il y conspire et il y parvient dans quelque mesure, et c'est à quoi il travaille de toute sa force. Tel est son but, l'objet de son action, action heureuse ou action malheureuse, action forte ou action faible, selon les hommes et selon les événements. Mais agir est une chose, et être en est une autre. L'action, sig^e cl mesure de l'existence^ est pourtant distincte de Texistence môme. Pour que rinternationale catholique subsiste, pour qu'elle soit jugée tenir son engagement mond, il suflll absolumeul t^l Inrireinenl que
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les catholiques en guerre reslenl altachés les uns aux autres, par l'unilé de foi, do tradition, d'obédience, de discipline. Ce que produiront ces sentiments, ces idées, ces faits peut être soumis à de profondes variations. On peut en estimer la dose insultisante, on doit le regretter beaucoup : tant que subsiste i*unilé génératrice, étant donné son ordre, la nature de ses engagements et de ses promesses, étant donné aussi le siècle, un siècle de farouche développement des nationalités, Tlnternationale catholique ne fait pas faillite, et c est encore la seule qui tienne, voilà le fait.