‹ Les conditions de la victoireChapitre 69 sur 204 · LES FORCES MORALES · texte numérisé non relu

LES FORCES MORALES

La deuxième partie de la réponse de M. Femand Neuray est un réquisitoire éloquent contre la mollesse et l'indiiTérence de beaucoup d'éléments catholiques dans les pays neutres. Le lecteur connaît notre avis là-dessus. Autant nous réprouvons pour leur ineptie, pour leur sottise, pour leur mauvaise foi, ces attaques dirigées par exemple contre le parti

conservateur espagnol, au fond m^me contre le conservatisme et catholicisme espagnol, dans la presse républicaine officielle, autant les accents douloureux de M. Fernand Neuray nous vont au cœur, et je crois ou j'espère qu'ils iront aussi au cœur de bien des neutres catholiques. « Le seul grief, dit-il, que Ton put élever contre le peuple belge, c'était notre prétention à ne nous laisser devancer par personne quand l'Église romaine faisait appel au dévouement ou à la charité de ses enfants. » Et plus loin : « La Belgique envahie, la Belgique martyre avait le droit de compter, dans les pays neutres, tout au moins sur le soulèvement unanime de l'opinion catholique. » En quelques lignes saisissantes, M. Fernand Neuray évoque lea silences cornplavianls^ les défections inattendues, les incroyables complicités qui sont venues aggraver le poids et ramer tume des malheurs de son noble peuple. Certes, ''" «r''*Ti/'ro»ises excep'"'^'^'^ ^♦^ sont produitos. Il écrit

Nous ne les oublierons pas. Nous avons trop soulTert de l'ingratitude pour être jamais ingrats. Mais qui nous reprocherait de prendre des sih'ctcs contre les désillusions, source de douleurs plus vives cl plus cruelles encore? Nous avons été dupes; nous ne voulons plus l'être.

Pour ne plus l'être, M. Fernan«l Neuray ne veut plus compter sur « la solidarité catholique internationale > qu'il appelle un bfilon vermoulu, terme impropre, je crois. Le bAton est inexistant. Nous avons parlé d'une internationalité, nous ne sommes pas allés jusqu'A la dire assez puissante pour créer.

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Je près ni de loin, une « soli(lnrit(^ », surtout d'ordre matériel. M. Fcrnand Neuray a raison de la traiter d'illusoire appui, qui < n'a protégé •, dit-il, « ni notre • sol, ni nos prêtres, ni notre univ»*i<ii.^ in p^fr.» « université, ni notre t cardinal Mais comment pouvait-il se faire « illusion • .' C'est là que nous voyons nettement et distinctement un tort qui n'est certes pas belge, mais que les lutres alliés et notamment les dirigeants français >eraient sages de reconnaître pour y pourvoir îi Tavenir. Ils ont trop cru aux forces purement rao- ' -. Ils se sont trop fiés à elles. Non, je le répète, i i.elgique : à moins de se reprocher l'héroïsme de leur conduite, héroïsme que l'Europe victorieuse se fera un honneur de couronner magnifiquement, je ne vois pas bien quel regret de cet ordre pourraient exprimer les sujets du roi Albert. Leur diplomatie a fait son devoir. Leur administration militaire et plus tard leurs armées sont allées même au delà du devoir. Dès le temps de Léopold II, les travaux de préparation militaire et maritime donnaient de hautes lettons de prévoyance aux autres États menacés. M. Neuray fait bien de promettre au nom de ce peuple fier de compter désormais davantage sur lui-même, le conseil est de bonne hygiène morale et Ton s'en trouve toujours bien, mais, enfin, proportionnellement à son territoire et à sa population, la Belgique, dans l'ordre de l'elTort réel et matériel, la Belgique a fait le possible, la Belgique a fait l'impossible •. Ce doit A».-.> u «'«'""ignage do !'iii»iv«T<

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