Beaucoup de Belges le nient encore
Mais nous? Depuis la guerre, oui, sans doute. Mais auparavant? A l'heure où le roi Albert b' commeltaitla plus généreuse des indiscrétions pour nous faire la plus utile des confidences, celle qui est au Livre Jaune, qu'avons-nous fait? Comment nous sommes-nous préparés, outillés et mis en défense? El pour ne pas quitter les forces morales, quels bureaux, quel organe, quels services publics étaient à la disposition des vérités françaises, alors que des services, des organes, des bureaux tout montés et tout préparés, avec télégraphie et radiographie à l'appui, étaient à la disposition des mensonges allemands? On en a, depuis, improvisé quelques-uns. Avec quelle lenteur! En août et septembre, nous demandions que l'on y pourvût avec méthode et promptitude. Nous avons le droit pour nous, cela ne suffil-il pas? répondit le Temps. Et c'est sur ce mot monstrueux que l'on a dormi pendant que l'Allemagne agissait.
Que nous servait-il de répondre avec Louis Diroier que cela ne suffisait pas! Or, le Temps n'a paru commencer à changer d'avis que du jour ou M. Clemenceau, reprenant notre observation, non pas pour en réaliser le dessein, mais pour renverser un minis tère, le Temps a dû voler au secours du patron. Ce jeu d'embuscades peint la déperdition et le gaspillage des forces nationales auxquelles est en proie noire malheureux paya : le gouvernement y est inerte de sa nature tant qu'une opposition» naturellement querelleuse et négative, ne l'oblige pas à perdre un temps précitnix à de vains travaux défensifs î