‹ Les conditions de la victoireChapitre 78 sur 204 · LE MINISTÈRE A LA BELLEVILLOISE · texte numérisé non relu

LE MINISTÈRE A LA BELLEVILLOISE

une guigne. Ses amis de Londres pourront lui faire lire un article du 7>>/i/)8, dont nous prenons l'extrait dans la Lt6re Parole :

Quand nous entrâmes en guerre avec eux, nous pensions que le-* Allemands étaient les victimes de leur kaiser, fou d'orgueil, de la caste militaire, des junkers prussiens, de professeurs afTolés et méchants. Nous le vroyons encore, mais nous savons maintenant que les Allemands sont des victimes volontaires et avides, et que la race allemande tout entière a été saturée de rêves fous et sauvages de domination universelle. La losponsabilité de cette guerre trat^ique repose sur l'Allemagne en général, et il n'y a pas à séparer le monarque de ses su.ets en infligeant le blâme.

M. Guesde a raison de faire un acte de foi et môme d'espérance dans une Europe nouvelle « basée sur les nationalités satisfaites », mais il a tort de ne pas distinguer entre nations et nations. Car, en vérité, il n'y a ni espérance à concevoir, ni beau rêve a former si Ton ne prend pas des précautions contre les nationalités que rien n'assouvit, sauf l'empire : lant qu'on les laissera livrées à leur rage, qui est de -arrondir et de dominer, leurs voisines ne connaîtront aucune tranquillité, et le doux jeu de « l'antades classes » pour le retour duquel Jules lait un souhait mélancolique risque toujours d'être troublé par l'antagonisme des nations.

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