POUR NOS LUTTES INTÉRIEURES
Ce souhait de Guesde, trouvé impie, fait couler
beaucoup d'encre. On se demande de toute part
qut'lle est cette aberration. Tant de surprise montre
combien l'on connaît mal le socialisme et la Repu-
MâmiAi. — If Ftrttwtn'. 10
MO II l'AllLEMENT SE RÉUM I
hlique. 11 va cependant y avoir deux années que Sembat a lancé dans le Counûcr Européen, un peu avant son fameux livre Faites un roi^ sinon faites In paix, réclalante formule qui déclarait la monarchie bien construite pour lutter contre l'étranger, et le régime démocratique bien aménagé pour les luttes intérieures. On avait beaucoup discuté ce prétendu sophisme, qui est la raison même. Au lieu de fixer stupidement nos yeux sur des mots, réalisons par la pensée leur sens. Une monarchie régulière est le système dans lequel le Pouvoir suprême est occupé à vie par un seul, où la succession est réglée par l'hérédité. Pour que ce pouvoir soit occupé et exercé régulièrement, il n'y a donc pas de luttes légales à concevoir.
Au contraire, en Hépubliquc, ce pouvoir c^L .,, stitutionneUement offert au plus digne, donc au plus adroit; placé en état de vacance perpétuelle, proposé en prime à l'action des partis, donc à leur lutte : en tant que républicain, notre État est intéressé à ce que ces partis soient fermes et ue se réconcilient pas.
Comme disait Sturel, dans VAppet au soldat^ de Maurice Barrés,
« L'unité de sculiiuents, en France, c'est un danger pour l'Allemagne ; c'est aus^i ta négation du partementarisme. »
Ah! que Sturel avait raison! nous écrit un blejtsé. C'est aus^i la négation du régime électif qui vit de divisions, lin temps de paix, cette division reçoit des stimulants matériels d*uQe incalculable puis-
LE MINiMiJ^h A i.\ i4hi.l,hMLL(JlhE. 147
-ance. Comme le régime est fatalement centraiisaîur afin ile tenir l'électeur, la prime olTerle, le Pouvoir, représente un budget de six milliards avec rénorine somme d'influence morale de nos administrations : comment les hommes ne se battraientils pas pour cette toison d'or? Il a fallu l'invasion pour rendre possible le miracle de l'union nationale, il suffira que notre sol soit nettoyé pour que, le Mie continuant à fonctionner, nos hostilités inté- !os reprennent jusqu'au prochain retour des Boches!
M. Jules Lîuesde s'est donc exprimé sur ce point avec la correction d'un très ferme républicain. C'est M. Georges Berthoulat qui se montre bien chimé- I i(|ue en se flattant de tout régler par une brillante i<»rmule : ni Marx ni Hohenzollern.