UN FAISEUR D'ANGES
Le discours de Marcel Sembat à la Bellevilloise, (l'une touche plus légère, a été mieux accueilli que elui de son vieux chef. On lui sait gré d'avoir ''commandé le respect de la Russie aux socialistes. Tout au plus, lui reproche-ton d'avoir désavoué, dune façon bien absolue, les idées de conquête ou d'annexion. Berthoulat ne prend pas son parti de la cnonciation solennelle à notre immémoriale marche ^ers l'Est. J'avoue que je suis de son sentiment. On voit vers Trêves, Coblenlz, Aix-la-Chapelle, Mayence, des pays qui possèdent dans leur passé les virtualités d'un développement français graduel. Que les Boches de Guillaume II n'aient pas réussi à gagner le cœur de la Lorraine, en quarante-quatre ans, cela
n'empêche pas que les Français de Louis XIV avaient gagné le cœur de l'Alsace en moitié moins de temps. Ce coure de Thistoire, celte balance des réussites et des échecs semble donc indiquer qu'il y a dans le Rhin moyen et inférieur, tout au nord de Strasbourg, de nouvelles Alsaces, des Alsaces possibles, Scmbat veut les faire avorter. Il a décrété leur mort avant leur naissance. Par son • ni conquête, ni annexion » qui introduit dans l'ethnographie et la politique une mélhode de faiseuses d'anges, Sembat ferme, avec une certaine brutalité, un beau et grand chapitre de l'histoire de la civilisation. Et c'est lui qui se croit politique avancé!
En revanche, l'orateur républicain s'est furieusement amusé de la bonhomie de ses auditeurs. Il leur a dit :
Cerlaincs exagérations chauvines ont iii...iiiii in> effets fâcheux. Au début, quelques Allemands écrivaient: « C'est une guerre d'oHiciers ». Les exagérations de ceux qui ont parlé de dépecer l'Allemagne ont eu pour résultat de dresser contre nous une Allemagne semblable à celle de 1813.
Marcel Sembat a dû se méfier de refTet que pou vail produire ces propos directement traduits tl
développés. Sous leur for?')^^ ^;|>vHi'w. ^'-^ <.x.>» oj-,-
assez gais.