LE ROI ALBERT ET LA DÉFENSE BELGE
f En vérité, si quelque chose eût pu me faire oublier un instant mon chagrin de ne pouvoir ser\'ir dans l'une de ces admirables armées, c'était bien le spectacle sublime du petit peuple à l'Ame si grande, levé tout entier contre l'envahisseur. J'ai vu les soldats belges à l'œuvre; je les ai vus, harassés et cependant infatigables dans la marche el dans le combat, défendant leur pays pied à pied pendant que, derrière eux, se faisait Texode lamentable des populations désarmées. Quant au Roi, digne descendant de nos ancêtres communs, il a fièrement restauré pour l'Europe et le monde la figure traditionnelle du Roi accompli, menant ses sujets à la guerre et leur montrant toujours le chemin de l'honneur, celui de l'héroïsme qui, dans les circonstances actuelles, était la voie du salut.
« J'ai vu cela de très près, d'aussi près que je l'ai pu. Pendant que j'organisais une ambulance dans ma résidence de Putdaël, on entendait constamment le bruit du canon qui se rapprochait. Les uhlans arrivaient précisément de notre côté par la forèl de Soignes. A BruxoUc- • -. . ;.; *î,, ; !^ vaillant
bourgmestre, allendail l'ennemi de pied ferme; le sang-froid, la présence d'esprit et l'énergie qu'il montra par la suite, pendant l'occupation allemande, n'élonnèrenl pa-^ ceux «pii !c conn.'n-^saient comme je le connais
« Pourtant clt\^ Im.-tjn^ vi» i»n >t^j.«»in i » l.iit^iit
prises pour l'évacuation ; les ministères, les ambassadeurs, la cour avaient déjà gagné Anvers. Plus libre que les autres, je ne voulus partir, après en avoir rc(-u l'ordre à trois reprises, que lorsque les Allemands ont été devant la ville. Le train que j'ai pris à huit heures, avec mon beau-frère le duc de Guise, était le dernier. Après son départ, la gare a été fermée, l'ennemi a fait son entrée à dix heures.