UNE ALLEMAGNE BIEN CHATOUILLEUSE
Ainsi l'Allemagne exaspérée par nous est devenue comparable à celle de 1815, que Napoléon foulait depuis 7 années. II avait fallu ce temps pour déterminer TApre révolte des hommes du Tugeud Bund ! Leur»
I E MIMSTEHb; A LA BELLEVILLOISE.
(^^•^ceI»^^;^nts sont plus chalouillnix : qucitjuts nrlicles de journaux, quelques brochures, les voilà laiiH l'élal de BiQcher, de Stein et de la reine Louise! Et ce sonl eux qui sonl campés en France [ en Russie!.. Pourtant, si Ton voulait faire le bilan U» leurs maux, i! faudrait au moins tenir compte • les coups re(:us, sur les deux fronts, des armées de loffre et du grand-duc. Pas du tout! La riposte inglaise n'est rien. Les anathèmes dont on a fou- Iroyé leur cher militarisme, ce militarisme ganlien t créateur de leur culture, protecteur de leur indu- Irie, défenseur et promoteur de leur classe ouvrière, ne les ont pas touches non plus. Leur unilé seule l{»s intéresse : l'idée d'en voir violer le pacte les met «Mlle hors il'eux! Guillaume, pour qui nos socialistes it-volutionnaires ont, comme nous, rôvé le peloton d'exécution, les nobles, les seigneurs, les pro- ■irs, tous ceux qui détiennent l'influence ou le . oiretqui ont reçu les mêmes menaces cruelles, (liraient peut-être défendu leur peau moins chèrc- :ient; mais on en veut à l'unité, et ce peuple si mal uni, au dire de Biilow, va se lever tout entier!
On peut lire et relire le propos de Sembat. 11 ne •eut révéler qu'un sens dont l'absurdité n'est pas iiuble. Au début de la guerre, quelques prisonniers avaient dit ou écrit : c C'est une guerre d'officiers >, paroles que le ministère Messimy eut la simplicité de prendre au mot sans en examiner la provenance, ans se demander s'il ne couvrait pas, le plus natutellement du monde, quelque grosse malice, ruse et le inte allemande. Le propos livré à la publicité officielle eut l'étrange honneur d'être recueilli par
150 LE PARLEMENT SE Rh'UMT.
M. de Mun qui, deux jours plus lard, écrivit loyalement qu'il avait eu lort. Celait trop faux en effet, trop truqué, trop imité de la fable des deux Alleraagnes, inventée pour nous endormir. 11 faut que Marcel Semhat en nit hi^n ho^oin |>oiir pr'^'»'if^^ '^^^r^ au sérieux.
S'il estime que dos brochures comme celle do M. Onésime Reclus, f Allemagne en morceaux, ont maladroitement réveillé le lion ou le tigre populaire allemand (jui jusque-là dormait, on peut penser que cet animal extraordinaire n'a pas été non plus tout à fait insensible à nos taquineries de la Marne, des Vosges, de la Vistule et de la Save. Qui sait, Sembat! Qui sait! Peut-être qu'en étant plus sages, par exemple en reculant jusqu'aux Pyrénées, quitte à s'embarquer un peu plus tard sur la flotte anglaise, nos armées auraient mieux ménagé l'humeur allemande, et tout se serait passé en douceur, avec l'Allemagne de 19H et de 1915 : pas celle de t8l3, pas l'Allemagne enragée. Un bon traité à la papa aurait ensuite ramené à l'état de choses antérieur, ou presque.... Mais, de toute façon, les Allemands ne se seraient pas mis dans la colère où les voilA aujourd'hui. Diable de JolTre! Satané Foch! Coquin de Castelnau! Ces fameux militaires sont toujours prêts à bourrer l'ennemi de leurs mauvais coups....