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LA DIPLOMATIE EN PLEIN VENT

Pour ma part, il faut l'avouer, j'eusse préféré que la question du morcellement de l'Allemagne restât dann l'ombre des chancelleries ou dans le demi-jour

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do couseiU du roi. Mais le roi n'est pas là et le régime qui accorde à Topinion la souveraineté oblige ([ueiqucfois à la saisir, en fait, de certains sujcls qui devraient ôlre réservés aux organes de la souveraineté légitime et utile. Il eûl mieux valu ne pas aborder la question des règlements futurs, mais alors il fallait éviter aussi de jeter dans l'esprit public des formules fantastiques susceptibles d'énerver et de décevoir. La î^uorre à la guerre! La guerre au militarisme allemand! Le rêve de procéder par voie de tractation paisible et d'accords paciGstes avec le pays qui a trouvé si naturelle et si juste la formule de Belhmann-HoUwcg sur le chiffon de papier! L'esprit français peut consentir une abdication généreuse et iiKircher au combat sans chercher comment ni pour- (juoi : mais, si vous lui fournissez des pourquoi et des comment, ces explications doivent pouvoir résister à la réflexion et à la critique. Il ne faut pas lui dire qu'il se bal pour l'absurde. L'opinion so fût contentée de l'idée de la Revanche. On a voulu lui dire autre chose et l'on s'est exposé à la voir faiblir et se cabrer, se révolter peut-être. Seule, la vérité pouvait faire contrepoids aux fictions. En la disant, des premiers, nous avons rendu un service public dont le gouvernement de M. Sembat devrait nous être reconnaissant.

Dans tous les cas, ses regrets n'ont pas de sens. S'il eût désapprouvé les campagnes de cette sorte, il n'avait même pas besoin d'user des pouvoirs de la censure. Un mot de lui aurait suffi. L'idée de gêner le gouvernement français, quel qu'il fût, quelles que fussent ses erreurs sur ce point précis, aurait suffi à

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nous arrôter aussi bien que nos confrères de ! ^ ' de Paris ou d'ailleurs....

Sur le fond des choses, nous ne nous étions pas décidés sans réflexion. Les deux inconvénients entre lesquels nous nous trouvions n'étaient pas comparables : s'il était fûcheux de prévenir ou d'irriter l'adversaire (qui se doute de ce qui l'attend en cas de défaite, ayant abusé de la victoire comme le fil rAllemajj^ne depuis un demi-siècle), il était plus Idcheux encore d'abandonner l'opinion française, civile et militaire, à ce désarroi fou qu'inlroduiï^aient dans ce peuple équilibré les rêveries de Tanarchisme européen.

On sait aujourd'hui qu'Hervé est un gobe-mouches. On ne le savait guère en août ni en septembre. Ce qu il disait hier des Allemands d'Autriche qui, d'après lui, doivent être réunis aux autres Allemands, toute celte tirade burlesque qui semble échappée à la plume de quelque quarante-huiteux qui aurait été secrétaire de Napoléon III ou d'Emile Ollivier a perdu aujourd'hui toute autorité. Mais sa ruine ne s'est faite que par l'opposition constante, opiniAtre, inflexible de la vérité au mensonge et du bon sens à la folie. La diplomatie révolutionnaire courant les rues, il faut bien courir après elle, et la prendre au chignon, et faire voir qu'elle n'est qu'une chienlit.

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