L OO
Viande fraîche de bœuf, 500 grammes ;
Viande fraiche de mouton, 400 grammes ;
Où viande fraîche de porc, 300 grammes ;
Ou conserves de bœuf, 250 grammes ;
Porc salé, 300 grammes ;
Légumes frais, 250 grammes.
Il s’y adjoint parfois des aliments variés : œufs, macaroni, morue et sardines salées, café et sucre. Les matelots reçoivent o 1. 250 de vin, les chauffeurs en ont o 1. 355 feux éteints et o 1. 50 feux allumés.
Aux Messageries Maritimes la composition habituelle des menus est la suivante : Chauffeurs : à 8 heures : café noir avec pain ou biscuit ; à 10 heures : plat de légumes, plat de viande ; à 5 heures potage, bouilli, plat de légumes. Matelots : à 8 heures : plat de légumes ; à midi : potage et bouilli ; à 5 heures : viande en ragoût (rôti et salade le jeudi et le dimanche).
Passons aux navires de la Société des Voiliers Nantais : la ration s’y compose des denrées et des quantités ci-après :
Viande fraîche, 400 grammes ;
Lard salé, 225 grammes ;
Haricots, 100 grammes ;
Morue, 120 grammes ;
Viande conservée, 225 grammes ;
Il s’y ajoute sucre, café, tafia et o 1. 4o de vin.
D'une façon générale, sur les voiliers, il vient un moment où le vin embarqué au départ est épuisé : les conditions d'engagement prévoient cette éven-
tualité et, pour dispenser l’armateur d’avoir à en acheter dans un pays où le prix en est peut-être excessif, stipulent qu’à compter de ce moment, l'équipage recevra en remplacement une ration de tafia étendue d’eau. Dans certains pays (Australie et Nouvelle-Zélande, par exemple) la consommation de vin et d’eau-de-vie est absolument interdite : à bord par la législation locale : la douane vient même apposer les scellés sur la partie du navire contenant ces liquides. Les conditions d'engagement disposent alors que l'équipage se contentera de la boisson en usage dans le pays où ces pratiques ont cours.
Les marins naviguant au cabotage sont à quelques égards dans la même situation que leurs camarades des paquebots : leurs navires font de nombreuses escales et peuvent embarquer facilement des vivres frais, mais, à bord des petits caboteurs, caboteurs non pourvus de fours, le pain est souvent remplacé parle biscuit de mer.
Les matelots ont fait entendre contre leur nourriture des réclamations assez vives. M. Rivelli signale que, sur les grands paquebots, si la nourriture est abondante, la qualité en estinférieure, mais il reconnaît néanmoins que les vivres sont l’objet d’une vérification à leur embarquement, garantie qui n'existe pas chez les petits armateurs. Il arrive, surtout sur les voiliers, que, après l'épuisement des vivres frais embarqués pour les cinq ou six premiers jours, quand -on ouvre le premier baril de lard salé on s'aperçoit
que l’approvisionnement entier, appartenant au même lot, est rance ; il faut pourtant s’y résigner pour plusieurs semaines. Le Congrès des inscrits maritimes de 1898 demandait «l'amélioration du régime alimentaire avec menu affiché dans le poste et un livre de réclamations soumis au jugement des prud'hommes maritimes ». Ces doléances se reproduisirent au Con: grès de 1902 où un vœu fut adopté tendant à obtenir que (les armateurs soient obligés d’afficher dans tous les postes des navires un tableau donnant la composition des rations qui devront être servies à l'équipage et que ces rations varient le plus souvent possible ». Le contrat du travail du 20 août 1906 passé entre le Syndicat des inscrits maritimes de Bordeaux et la Compagnie des Messageries Maritimes donne satisfaction à ce vœu. Il stipule en effet : « Les menus des repas seront affichés dans les différents postes. Le second capitaine et le premier deuxième officier mécanicien devront constamment s'assurer que ces programmes de menus sont affichés, et le commissaire de son côté, veillera, par de fréquentes inspections, à ce que la nourriture soit convenablement préparée etavec tout le soin et la propreté désirable.» (r) Le Congrès de 1903, enfin, demandait : « 1° qu'il soit interdit aux capitaines de se charger de l'alimentation de l'équipage, l'armement devant seul s'occuper de ce soin et le rôle du capitaine consistant à garantir à son équipage la quantité nécessaire et la bonne qua-