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lité des vivres, conformément aux règlements établis ; 2° qu'une commission chargée de vérifier la qualité et la quantité des vivres embarqués pour l’équipage soit constitué à bord de chaque navire. »

Les armateurs objectent que la satisfaction de ces vœux entrainerait des charges qu’ils sont hors d'état de supporter. Si en particulier l'Etat impose, en dehors de toute convention, l’équivalence avec la ration de la Flotte en qualité et quantité, il a négligé d'indiquer comment serait réalisée l’équivalence dans le prix de revient. La ration du marin de l'Etat coûte au Trésor o fr. 90 par jour car la Marine, opérant sur des quantités considérables et au moyen de marchés à longue durée, obtient de ses fournisseurs des prix très réduits ; la situation des armateurs est tout autre, la même ration leur reviendrait à 2 francs environ, et même, en l’état actuel, la ration ordinaire du matelot français est d’un prix plus élevé que celle des matelots d’autres nations. Cette supériorité n'est pas douteuse si on compare cette ration avec celle des équipages italiens, espagnols ou grecs: quant aux équipages anglais, n'oublions pas que les armateurs de ce pays ayant la possibilité de recruter leur personnel parmi des indigènes (malabars ét autres) sans être gênés par la règle sur la composition nationale de l’équipage font sur la nourriture de ceux-ci des économies dont profitent les matelots européens.

Le projet de loi sur la réglementation du travail et des effectifs à bord des navires de commerce sou-

mis à la Commission de la Marine au Sénat contient dans son titre IV (art. 24 et 25) des dispositions importantes sur la nourriture du personnel embarqué et dont voici les principales : Des règlements d’administration publique auront à déterminer les bases de la ration journalière, à délivrer aux différentes catégories du personnel porté au rôle d'équipage, ainsi que les conditions de conservation à bord, de visite

et de délivrance des vivres de l'équipage. En cas de force majeure, la ration pourra être réduite après avis du médecin du bord et des intéressés (1) ; il sera alors dû à chaque homme une indemnité représentative du retranchement subi. Il sera interdit au capitaine de se charger à forfait de la nourriture du personnel embarqué, ou de trafiquer, de quelque manière que ce soit, d'objets d’alimentation ou de boissons quelconques.

Les inscrits maritimes demandent qu’on ajoute au projet de loi un article ainsi conçu : Sur tous les navires transportant des passagers, un cuisinier, spécialement et uniquement affecté au service de l’équipage et ne relevant que de lui, sera embarqué. La cuisine de l’équipage sera complètement séparée des autres cuisines du bord (Voir le Travailleur de la Mer du 20 septembre 1906).

1. La Fédération Nationale des Syndicats maritimes demande même que le capitaine ne puisse jamais passer outre à un avis défavorable (Travailleur de la Mer du 20 septembre 1906).

Moufflet II

Le projet de loi, élaboré par le Comité Central des Armateurs sur la réglementation du travail spécifie de son côté, avec plus de précision que le projet officiel et sans se référer à une profusion de règlements d’administration publique futurs, que «tout navire devra être pourvu de provisions saines, de bonne qualité et suflisantes pour la traversée projetée jusqu’au premier port d’escale ». Il enjoint aux navires naviguant au long cours ou au cabotage international « d’avoir à bord une quantité d’eau douce et des approvisionnements en biscuits et farine, viandes ou équivalents répondant aux besoins de l’équipage pendant deux fois la traversée prévue jusqu’au premier port d’escale. Le calcul des quantités suffisantes sera fait d’après un tableau d'équivalence établi par un règlement d'administration publique. Le capitaine sera tenu de s’approvisionner de vivres frais chaque fois que les circonstances le permettront. »

Le même texte pose en principe que les aliments destinés à l'équipage seront sains, de bonne qualité, en quantité convenable et d’une nature appropriée au voyage ; la composition de la ration distribuéesera équivalente à celle de la Flotte.

Donnant satisfaction aux vœux des inscrits maritimes, le projet de loides armateurs décide que l’accomplissement et le contrôle de ces prescriptions seront assurés d’aprèsletableau d'équivalence susmentionné. « Ce tableau ainsi que la composition des rations distribuées seront affichées en permanence dans les postes du personnel. À chaque distribution, le per-

sonnel pourra déléguer, à tour de rôle, un de ses membres pour vérifierles quantités distribuées (1)».

Pays étrangers. — Angleterre. — En Angleterre, d’après M. Sayous (Ze Marin Anglais), la nature et la quantité des vivres auxquels ont droit les matelots font l’objet d’ententes spéciales. L'Etat n'intervient pas dans ce domaine, il n’impose ni menu, ni même de minimum ; il a seulement rendu obligatoire certaines rations de jus de citron comme anti-scorbutiques. Il exige encore l'insertion, au rôle d'équipage d’une liste de provisions qui devront être fournies à chaque marin (art. 114, Code maritime).

En ce qui concerne la qualité des vivres, l’article 206 du Code maritime ordonne l'inspection des barils de bœuf et de porc, des viandes et des légumes conservés en boîtes, ainsi que des tonneaux de farine, de biscuits et d’eau destinés à l’équipage (en France il n’existe, on le sait, aucune mesure préventive) lorsqu'il s’agit de gagner, depuis le Royaume- Uni, un port au delà de Suez, du Cap Horn ou du Cap de Bonne-Espérance.

Si trois ou plus de trois matelots ont à se plaindre de la nourriture, il leur est loisible de s'adresser aux autorités maritimes : s: la réclamation est reconnue

1. Mentionnons encore que les retranchements opérés sur la ration donneront lieu, sauf le cas de force majeure et celui de retranchement de boisson fermentée pour punition, à l'allocation d’une indemnité représentative. Il sera enfin interdit au capitaine de prendre la nourriture à forfait.

juste, le capitaine est condamné à l’amende sans préjudice des mesures jugées nécessaires par un expert ; l'équipage a-t-il protesté à tort ? Chacun des plaignants sera passible de la confiscation au profit de l’armateur d’une semaine de salaires au maximum (art. 198 du Merchant Shipping Act).

Pendant longtemps on a inséré dans le rôle d’équipage un ancien tableau connu sous l'appellation de « Provisions Scale » et dont le nom populaire est Pound and Pint. Cette « échelle traditionnelle des vivres » comprend par semaine :

Pain, 7 livres ;

Bœuf, 6 livres ;

Porc /SLvaS 4e

Farine, 1 liv. 1/2 ;

Pois, 1 litre ; [RO

Riz, 1e litres

Thé, 7/8 d’once ;

Café en grains, 3 onces 1/2 ;

Sucre, 14 onces ;

Eau, 21 litres.

Les marins anglais reprochent à cette échelle traditionnelle son extrême monotonie.C’est pour répondre à leurs vœux que la Seamen’s Union a proposé un autre tableau qui ajoute aux aliments du précédent des denrées extrêmement variées : pommes de terre, saumon, harengs, sardines, cacao, lait concentré, haricots, fromage, sirop, confitures, tomates, etc".

Allemagne. — La loi allemande sur les gens de

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mer permet de réduire les rations en cas d’accidents ou de prolongation de voyage. L'homme a alors droit àaune indemnitéproportionnée aux privations subies.

Hollande. — Le Code de commerce hollandais exige, dans son article 397 (1), que le rôle d’équipage contienne, entre autres mentions, la désignation de ha nourriture ou de la ration que chaque homme recevra par semaine dans les temps ordinaires.

Russie. — En Russie, le capitaine est tenu d’embarquer des vivres en quantité suffisante pour parer aux retards susceptibles de se produire.

En principe, les hommes ont droit à la ration quotidienne des matelots des navires de guerre russes.

Si, par suite de la nécessité, les rations ont dû être réduites, le capitaine doit compenser par une augmentation de salaires la réduction opérée sur les vivres (Code de commerce russe, art. 291 à 296) (2).

Italie. — Sur les navires de la Navigazione Generale Italiana, chaque matelot reçoit par jour 350 gr. de viande conservée et 300 grammes de pommes de terre auxquels sont ajoutés 150 grammes de riz, de légumes ou de pâtes.

Consommation de l’alcool à bord des navires de commerce.— A la question de la nourriture de l'équipage se rattache celle de la consommation de l’alcool à bord des navires de commerce. L'usage

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