L'ANCOLIE
Mon cœur est enterré sous ce grand noisetier, — C'était un soir d'hiver, il gelait sur la plaine, Ma chérie, au retour d'une course lointaine, Se frayait dans la neige un douloureux sentier.
Le sommeil la prit là. Succombant à la peine. Elle croisa ses mains, sur son cceur, pour prier. On la trouva couchée au pied du coudrier ; Mais la mort avait bu, d'un trait, sa douce haleine.
l.e printemps est venu. L'arbre a son habit vert, Une fauvette a fait son nid sous le couvert, Et, juste où fut le corps, s'élève une ancolie.
Je voudrais la cueillir ; mais je n'ose, j'ai peur Que l'âme de l'enfant, palpitante en la fleur De nouveau ne s'exhale avec mélancolie.