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— ji — tra- Je la vis un jour, vide, hélas ! au mieux lieu de immense basilique silencieuse, [ois, j et avouerai-je que sa vue m'a rempli ses d’une profonde tristesse ? (C'était vers le soir ; je n’entendais que les pas de quelques pieux fidèles, dans ce lieu où ; retentirent des paroles si vibrantes, des accents si enflammés, des cris si sponbre tanés de foi, d’adoration et d'amour.
voil Etait-ce bien Notre-Dame ? Notre-Dame les | frémissant jadis à la voix de Lacordaire ? rait Personne, dans cette grande nef où se Imé : pressaient alors des milliers d'hommes "est avides, anxieux enthousiastes ! Par ris l'imagination, je ressuscitais dans ma la | pensée cette foule compacte, je voyais qui le prophète nouveau, vêtu de sa blanche put robe de dominicain monter à sa chère ent | tribune, et il me semblait entendre de d tomber deses lèvres ces inimitables les ! discours, lus, admirés, savourés pendu É dant Jes années de collège : “Il y a un
es- homme dont l’amour garde la tombe ; il y a un homme dont le sépulcre n’est pas seulement glorieux, comme l’a dit
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un prophète, mais dont le sépulcre est aimé. Ily aun homme dont la cendre, après dix-huit siècles, n’est pas refroidie ; qui chaque jour renaït dans la pensée d’une multitude innombrable d’hom mes ; qui est visité dans son berceau par des bergers, et par les rois lui apportant à l’envi et l’or et l’encens et la myrrhe. Il y a un homme dont une portion considérable de l'humanité reprend les pas sans se lasser jamais, et qui, tout disparu qu'il est, se voit suivi par cette foule dans tous les lieux de son antique pèlerinage, sur les genoux de sa mère, au bord des lacs, au haut des montagnes, dans les sentiers des vallées, sous l’ombre des Oliviers, dans le secret des déserts. Il y a un homme mort et enseveli dont on épie le sommeil et le réveil, dont chaque mot qu’il a dit vibre encore et produit plus que l’amour, produit des vertus fructifiant dans l'amour. 1l y a un homme attaché depuis des siècles à un gibet ; et cet homme, des millions d’adorateurs le
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détachent chaque jour de ce trône de son supplice, se mettent à genoux devantlui, se prosternent au plus bas qu’ils peuvent sans en rougir, et là, par terre, lui baisent avec une indicible ardeur les pieds sanglants. Il y a un homme flagellé, tué, crucifié, qu’une inénarrable passion ressuscite de la mort et de l’infamie, pour le placer dans la gloire d’un amour qui ne défaille jamais, qui trouve en lui la paix, l’honneur, la joie, et jusqu’à l’extase. IL y a un homme poursuivi dans son supplice et sa tombe par une inextinguible haine et qui, demandant des apôtres et des martyrs à toute postérité qui se lève, trouve des apôtres et des martyrs au sein de toutes les générations. Il y à un homme enfin, et le seul qui a fondé son amour sur la terre, et cet homme, c’est vous, Ô Jésus ! vous qui avez bien voulu me baptiser, me oindre, me saggr dans votre amour, et dont le no Mu en ce moment, ouvre mes entrailles, et en arrache cet accent
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qui me trouble moi-même, et que je ne me connaissais pas ! ”
Hélas ! Messieurs, ce n’était qu’un rêve! la chaire était toujours muette, le silence régnait toujours dans le temple ! Trop heureux ceux à qui il fut donné de jouir de ces heures d'émotion indescriptible ! Au pied de cette chaire, pendant que leur cœur palpitait et que leurs yeux se mouillaient de larmes, ils ont dû comprendre mieux que personne que l’éloquence c’est Dieu dans une äme et l'âme dans une voix.
Je ne veux pas, Messieurs, séparer de Lacordaire, ses illustres frères, les admirables continuateurs de son œuvre :
Ravignan et Félix, deux j:suites, deux apôtres, deux convertisseurs d’âmes, ci Monsabré, cet autre fils de St-Dominique qui prouve au monde que le froc du moine est toujours une gloire pour la France, et que dans sa famille religieuse le flambeau sacré change de main, mais ne s'éteint pas. Lacorllire, Ravignan, Félix et Monsabré ! quels hommes,
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qu'un uette, ns le il fut 1otion haire, et que es, ils sonne e âme
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deux ES, et mini froc pour reliain, Ravimes,
Messieurs, et quels défenseurs de notre foi ! C'est à eux qu’elle appartient la chaire de Notre-Dame ; ce sont eux qui l'ont immortalisée et leur nom y reste pour jamais attaché dans la mémoire des peuples. Quand des Vandales viendraient un jour à joncher les rives de la Seine des pierres de la vieille basilique ; quand un triste désert remplacerait cette œuvre. gigantesque des âges de foi, le voyageur se souviendrait de ces héros de la parole sainte, comme on se souvient de la tribune aux harangues et de Cicéron au milieu des ruines du Forum romain.
Lacordaire et Ravignan sont morts, mais on peut dire qu’ils parlent encore du fond de leur tombe. Ils ont encore des disciples et des admirateurs plus nombreux peut-être qu'aux plus beaux jours de leur glorieuse carrière. Le premier disait en publiant ses conférences : “ Mes paroles arriveront au lecteur froides et décolorées ; mais quand, au soir de l’automne, les feuilles tombent
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et gisent par terre, plus d’un regard et plus d’une main les cherchent encore, et fussent-elles dédaignées de tous, le vent peut les emporter et en préparer une couche à quelque pauvre dont la Providence se souvient au haut du ciel” Non, Messieurs, elles ne sont pas froides, ces paroles fixées sur le papier ; on y sent encore battre le grand cœur qui les dicta, et combien d’âmes en les lisant ont compris la sublimité du christianisme et la beauté de la vertu !
Le Père Félix, son œuvre à Notre- Dame achevée. a continué sur un autre théâtre son fécond apostolat. La France l’a souvent entendu parler en faveur des orphelins et des pauvres ; elle l'entend encore lui exposer la doctrine et la morale évangélique. Ah ! Messieurs, n’est. ce pas une voix accusatrice qui ale droit de lancer au gouvernement de son pays le sanglant reproche d’ingratitude ? Car cet homme appartient à la famille religieuse que la haïne poursuit avec le plus d'acharnement, il est l’un de ces jésuites
rd et ncore, 18, le éparer dont ut du nt pas apier ; cœur en les chris- | Notreautre rance eur des entend la mo- | n’este droit pays ? Car
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que l’on veut proscrire, que l’on trouve indignes de diriger et d’instruire l'en:
fance et la jeunesse. [l a prêché pourtant sous les voûtes de Notre-Dame, il a jeté plus d’une fois dans l’immensité du temple ces grands mots de progrès, de civilisation, de gloire, de patrie et de liberté ; et ceux-là peut-être qui le persécutent maintenant, ainsi que ses vaillants compagnons d'armes, ont autrefois couvert sa parole de leurs bravos.
Lacordaire et Ravignan ont eu chacun une mission distincte à remplir et ils l'ont remplie admirablement. Ils se sont complétés l’un l’autre ; leurs discours forment comme les deux tomes d’un seul et grand ouvrage inspiré par Dieu même. Lacordaire a été le précurseur du Christ, Ravignan en a été l’apôître ; le premier a préparé les âmes à la foi. le second les a amenées à croire.
Le premier comptait ses succès par les milliers d'hommes qu'il attirait au pied de sa chaire, le second par Je nombre de ceux qu’il confessait. Lacor-
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daire, en se séparant de son auditoire, lui adressait ces touchants adieux : ‘ Et vous, Messieurs, génération déjà si nombreuse en qui j'ai semé peut-être des vérités et des vertus, je vous demeure uni pour l'avenir, comme je le fus dans le passé ; mais si un jour mes forces trahissaient mon élan, si vous veniez à dédaigner les restes d’une voix qui vous fut chère, sachez que vous ne serez jamais ingrats, car rien ne peut empêcher désormais que vous n'ayez été la gloire de ma vie, et que vous ne soyez ma couronne dans l'éternité. ” Le Père de Ravignan disait, en rendant compte de ses conférences : “ J'ai dû avoir des relations avec bien des gens fortconnus.
M. de Chateaubriand est venu me voir.
des savants m'ont demandé des rendez-vous ; quelques-uns se sont convertis..….” Et encore : ‘‘ Les conversions d'hommes ont été fort nombreuses. J’ai eu pour ma part quatre-vingt-sept confessions générales,”
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Quant au Père Félix, il est venu lui aussi à son heure, ila traité le sujet qu'il devait traiter, il a répondu aux besoins d’une époque tourmentée, et ses discours, comme ceux de Lacordaire, restent une apologie sublime de la religion chrétienne. Il a laissé sur la grande question du progrès un ouvrage immortel, auquel les siècles passés n’ont rien de comparable et que rien dans l'avenir r’égalera peut-être. Quand il s'agit, Messieurs, de l’enuseigaement apostolique, d’un enseignement comme celui qui fait l’objet de cette étude, il est bon de se rappeler la ecnsolante promesse du Maïtre : ‘‘ Allez, ne craignez rien, je vous inspirerai moi-même ce que vous devez dire :” promesse qui s’est vérifiée dans tous les temps et dans tous les lieux, devant des auditoires d'enfants comme au milieu des savants de l’Aréopage, dans les humbles chapelles des catacombes comme sous le dôme des grandes basiliques, devant les hommes de foi comme devant les persé-
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cuteurs et Les bourreaux : ‘ Quoi qu'il en soit, a dit le célèbre jésuite, des motifs qui autorisent cette prédication sur le Progrès considéré au point de vue chrétien, Dieu m'y a poussé. L’esprit souffle où il veut : j'ai cru sentir vers ce sujet une impulsion plus forte que le conseil des horames ; et je le dirai dans la simplicité de mon âme, ai cru à un appel de Dieu. Il me semble que J. CG. m'a dit dans le silence cette grande parole qui donne aux “apôtres, avec la mission, le courage et l'efficacité : Lite : Allez ; allez dire à ces hommes passionnés pour le Progrès que le Progrès c’est moi.” Et il est venu, en effet; il a noblement accompli sa tâche, et en lisant ses discours on sent à chaque instant ‘le souffle de l'amour qui les conçut et du dévouement qui les.
fit naître.”
Après l’apologétique, il fallait à Notre-Dame l'exposition et la démonstration des dogmes da Credo. ‘ Monsabré parut ; il était prêt pour cette œuvre
oi qu'il ite, des lication oint de sé, L’es- 1 sentir 18 forte et je le )»n âme, me semsilence ne aux urage et re à ces Progrès st venu, pmpli sa pn sent à l'amour
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diflicile et nécessaire : ‘ Peut-être, ditil dès le début de ses conférences, trouverez-vous qu’il y a présomption de ma part à entreprendre une si grande tâche.
Eh bien ! non. Je m’abandonne à Dieu.
Si, pendant que nous parcourrons l’immensité de l'édifice que ses mains one construit, il ouvre une tombe et m'invite à m’y coucher, j'obeirai sans murmure et lui demanderai avec amour un autre guide qui vous conduise jusqu'aux plus hauts sommets d'où vous pousserez ce dernier cri de la foi triomphante et Ge l’amour satisfait.”
Voilà onze ans qu'il enseigne, et je ne crains pas de l’appeler le plus complet des conférenciers. Il n’a pas, ilest vrai, la flamme oratoire, la puissante originalité, le merveilleux talent d’improvisation de Lacordaire. Lacordaire, c’est l'aigle de Notre-Dame s’élevant à une hauteur que l'aigle de Meaux n’a pas toujours surpassée. Mais chez le père Monsabré quelle sûreté de doctrine !
quel développemient admirable des the-
ses les plus métaphysiques ! quel style correct et vivant ! C’est l'écho fidèle de la tradition catholique, le disciple ému du docteur par excellence, de l’angélique Thomas d'Aquin. Il en traduit les ouvrages, il les commente, il les explique ; jamais la science sacrée n’a parlé un plus riche et plus vigoureux langage; jamais dans la chaire française, la théologie, cette reine des sciences, n’a porté une plus brillante couronne, ni revêtu une pareille splendeur.
Cette année, le Père Monsabré traite de l’auguste mystère de l’Eucharistie.
On dit que le tabernacle lui fournit d’incomparables inspirations. [Le peuple ascourt en plus grand nombre que jamais pour l’entendre, et il n’y a pas si longtemps encore qu'il répondait aux accents de cette voix si apostolique et si française par d’enthousiastes applaudissements. Certes, il y avait de quoi.
Monsabré avait expliqué la notion du sacrement. C’est un signe sensibls de la grâce qui ne se voit pas, unsigne public
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etextérieur d’unité qui relie tous les membres de Ia société chrétienne :
‘ Comment saurai-je ! s’écrie l’orateur, que Dieu est en vous comme il est en moi, si je ne vois le signe par lequel sa vie vous est communiquée comme elle m'est communiquée ? Je :
vous entends prier et confesser le même Christ ; c'est bien, je suis content; mais je saurai bien mieux que vous êtes mes frères, je serai bien plus disposé à vous respecter, à vous aimer, à me dévouer pour vous, si les signes sacramentels me donnent la certitude qu’une même vie divine nous anime, que vous et moi sommes les membres d’un même corps, pénétrés des mêmes influences bénies, et rattachés par ces influences à la même tête, qui estle Christ. Honneur donc au sacrement ! C'est le drapeau de la fraternité chrétienne. Petite chose en apparence, grande chose par ce qu’elle signifie. Le drapeau n'est-il pas le signe auquel se reconnaît une nation ? Ses fastes historiques, ses institutions, ses
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lois, ses coutumes, sa vie, tout est là :
là, dans ce lé d’étoffe que les vents tourmentent ou qui pend négligemment sur sa hampe. Il se lève, on se lève avec lui ; il marche, on le suit ; il s’agite dans la mêlée, on l’entoure, on le défend, au péril de sa vie. Les sabres, les balles et la mitraille se disputent ses lambeaux. Ce n’est plus qu’une guenille, et devant cette guenille abreuvée de gloire, les tambours battent aux champs, les soldats portent les armes. Debout, citoyens, voilà la France qui passe ! Vive la France ! ” Et la foule électrisée se leva en‘effet en battant des mains, pour saluer la patrie qu’elle croyait voir passer !.…
Une vue d'ensemble était nécessaire au début de cette étude ; ilnous faut maintenant revenir sur nos pas. Les Conférences de Notre-Dame de Paris ont été sans contredit pour la France
t est là :
les vents gemment se lève ,; il s’aee, on le s sabres, disputent s qu’une enille ars battent it les arla France t la foubattant ie qu’elle
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un incomparable bienfait. Rappelonsnous, Messieurs, l’état de notre mère patrie pendant les trente premières années de ce siècle.
Au sortir des horreurs révolutionnaires, on vit, comme ledit Lacordaire,‘ un grand capitaine porté, par des batailles gagnées, à la tête de l'Etat, chercher quel pourrait être son appui dans l’esprit humain et n’en pas trouver d'autre qu’une Eglise ruinée qui était la fable des gens d'esprit.” Le Concordat de 1801 était sans doute de nature à réjouir les croyants ; cependant nous aurions le tort de penser qu’il inaugura pour le catholicisme une ère de parfaite liberté. Chose étrange, Messieurs, la liberté chrétienne, la première et la plus sacrée des libertés, est celle qui subit toujours les plus formidables attaques.
Il faut la conquérir au prix de la parole, de la vertu et parfois au prix du sang.
En france, sous le Consulat et sous l'Empire, la liberté était captive. Portalis ne disait-il pas que la puissance
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publique n’est rien si elle n’est tout ?
A l'Etat seul le droit d’enseigner, et l’on devine quels principes devait inspirer à la jeunesse cet Etat formé luimême à l’école de Voltaire. Ce n'étaient pas les évêques, mais le prince qui devait approuver les règlements de l’organisation des séminaires. Les jeunes lévites ns pouvaient entrer dans le sanctuaire qu'avec l'approbation du gouvernement. Les conciles généraux étaient regardés comme des conciles étrangers, et tout acte de la papauté devait être soumis à la puissance séculière pour avoir force de loi. C’est alors que labbé Frayssinous inaugura ses conférences à St-Sulpice : discours classiques, solides, intéressants, sur les vérités fondamentales de la religion. Le cardinal Maury, de hauts fonctionnaires de l'Etat, des personnages illustres allaient l'entendre.
Mais le ministre de Dieu eut un tori immense, et le préfet de police ne manqua pas de le mander pour le
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Les jeuer dans le bation du généraux s conciles la papauté ssance séloi. (C'est ous inaulpice : distéressants, les de la , de hauts >s person- ’entendre.
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