Î.ES CONFESSION
D’UN RÉVOLUnONNÀmE. 21
prises des Or, il n’y aurait eu ni
16avril, ni 15 mai, silo gouTèrneraenl, avec sa force irrésistilde n’eût été comme une irrésis¬
si hautes; il esl môme à croire.que de tels scrupules ne l’eussent pas retenu. Il ne demandait qu’à révolutionner ; seulement il ne savait comment s’y prendre. C’était un composé de conservateurs, de doctrinaires, de jacobins, de socialistes, parlant chacun une langue a part.
C’eût été merveille, quand ils avaient tant de peine à s’accorder sur la moindre question de ■police, qu’ils vinssent à bout de s’entendre sur quelque chose comme une révolution. Iji discorde qui régnait au camp, bien plus que la prudence des généraux,'préserva le pays des utopies du Gouvernement provisoire; Icsdissentimens qui l’agitaient lui tinrent lieu de philosophie.
La faute, la trbsgrande faute du Gouvernemont provisoire, ne fut pas do h’avoir su édifier, c’est de n’avoir pas su démolir.
Ainsi, il fallait abroger les lois oppressives do la liberté individuelle, faire cesser le scandale des arrestations arbitraires, fixer les limites de la prévention... On no songea qu’à défendre les prérogatives de la magistrature, et la liberté des citoyens fut plus que jamais livrée à l’arbitraire des parquets. Il plaît à la haute police do convertir un restaurant en souricière ; deux cents citoyens réunis pour dîner sont enlevés à leurs femmes et à leurs enfans, frappés, jetés en prison, accusés de complot, ])uis relâchés, après f|uo le juge d’instruction, qui ne sait lui-mème de quoi la police les accuse, s’est longuement convaincu qu’il n’existe contre eux aucuuc charge.
Il follait désarmer le pouvoir, licencier la moitié de l’armée, abolir la conscription, organiser unelandsturra, éloigner les troupes de la capitale, déclarer que le pouvoir exécutif ne pouvait, en aucun cas, et sous aucun prétexté, dissoudre et désarmer la garde nationale. — Au lieu de cela, ou s’occupa delà formation de ces vingt-quatre bataillons do mobiles, dont on nous enseigna plus tard, on juin, l’utilité et le patriotisme.
Il fallait assurer la liherlé do réunion, d’abord en abrogeant la loi do 1790 et toutes celles qui pouvaient prêter à l’équivoque ; puis, en organisant les clubs autour desroprésentans du peuple, et les faisant entrer dans la vio parlementaire. L’organisation des sociétés populaires était le pivot do la démocratie, la pierre angulaire de l’ordre républicain. En place d’organisation, le Gouvernement provisoire n’eut à oll'rir aux clubs que la tolérance et l’espionnage, en attendant que l’indifférence publique et la réaction les fit éteindre.
11 fallait arracher les ongles et les dents au pouvoir, transporter la force pidffiquc du gouvernement aux citoyens, non seulement afin que le gouvernement ne pût rien entreprendre contre la liberté, mais encore afim d’arracher aux utopies gouvernementales leur dernière espérance. Le 16 avril, le 15 mai, n’ont-ils pas prouvé la puissance du pays'contre les entre-
tible tentation à rimpationcc dos démagogues.
'l'out a été pris à contre-sens le lendemain de février. Ce qu’il n’appartenait pas au gouvernement d’entreprendre, on l’a voulu faire ; cl c’est pour cela qu’on a conservé le pouvoir' tel qu’on l’avait repris à la monarchie do juillet, qu’on on a môme augmenté la force. Go rpie.
l’ondevait faire, on ne l’a pas fait; et c’est pour cela que, dès le 17 mars, la Uévolution était refoulée, au nom du pouvoir, par ceux-là mômes qui en paraissaient être les plus énergiques représenlans. Au lieu do rcndi’c au peuple sa féconilité initiatrice par la subordination du pouvoir à scs volontés, on cherchait à résoudre, par le pouvoir, dos jiroblèmes sur lesquels le temps n’avait pas éclairé les masses : pour assurer soi-disant la Uévolution, on escamotait la liberté! Rien ne s’offrait aux réformateurs de ce qui s’était vu aux grandes époques- révolutiouiiairos ; nulle impulsion d’en bas, nulle indication de l’opinion; pas un princiiio, pas une découverte qui eût reçu la sanction du peuple. Et ce peuple, ils alarmaient journollemenlsa raison par des décrets qu’ils condamnaient eux-mêmes. Ne pouvant les jusiilicr par des principes, ils prélendaicnt les excuser, ces décrets, au nom de la nécessité! Ce n’était plus, comme la veille, l’antagonisme, c’était le chariva\'i do la liberté et du pouvoir.
Relisez donc l’histoire, et voyez comment so produisent et comment s’achèvent les révolutions.
Avant Luther, Dcscartcs et l’Encyclopédie, l’Etat, fidèle expression do la société, livre au bourreau les hérétiques et les philosophes, .lean IIus, le précurseur do la Réforme, est fii'ûlé à Constance, ajirèsla condamnation du concile, par le bras séculier. Jlais pou à peu la philosophie s’insinue au cœur des-masses : aussitôt l’Etat amnistie les novateurs, il les prend pour guides et consacre leur droit. La Révolution de 89 partit de la môme source : elle était faite dans l’opinion, quand elle fut déclarée par le pouvoir. Dans un autre ordre d’idées, quand l’Etat s’cst-il occupé de canaux et de chemins de fer? Quand a-t-il voulu avoir une marine à vapeur? Après les essais multipliés, cl le succès publiquement reconnu dos premiers entrepreneurs.
11 était réservé à notre époque do .icnler, chose qui ne s’était jamais vue, une révolution par le pouvoir, et puis do la faire rejeter par la nation. Le socialisme existait et se propageait depuis 18 ans, sous la protection de la Charte, qui reconnaissait à tous les Français le droic de publier cl faire imprimer leurs opinions. Les démagogues de février eurent le secret, en traînant le socialisme au pouvoir, de soulever contre lui l’intolérance et de faire proscrire jusqu’aux idées. Ce sont eux qui, par ce fatal renverse-
ment des princijies, firent éclater l'antagonisme 1 entre la bourgeoisie et le peuple, antagonisme i qui n'avait point paru dans les trois journées de 18iS, non plus qu'en celles de 1830: qui ne ressortait point de l'idée révolutionnaire, et qui devait alwutir à la |ilus sanglante catastrophe, comme à la plus ridicule débâcle.
Pendant que le (louveruenient (irovisoire.
dé'pourvu du génie des Révolutions, se séparait à la fois et de la kiurgeoisie et du peujile. peniait les jours et les semaines en tàtoniiemensstérile, auitations et circulaires, un je ne sais quel S'K-inlisnie gouvernemental enfiévrait les âmes, afl'ectait la dictature, et. chose étonnante i>our qui n'a pas étudié la mécanique de ces contradictions, donnait Ini-méine.
contre sa proiire théorie, le signal de la résistance.
vil. — lî mars : Réaction de Lonis Blanc.
ocE-snoN. — Etant donnée pour nn pays la situation suivante :
La ri'volutiou du mépris a reinersc' le souvernenient qu'avait établi le jirinciiie malériaiiste des intéièts. Eette révolution, qui conilamne le capital, inauuure par cela même et p<.irte au gouvernement le travail, (tr, d'apri s le [iRjjugé géiiéraleiiienl répandu. le trarail. devenu "gouveniement. doit jirocéder par les voies iTouvemeiiientales ; en antres termes, e'est an gouvemenieiit de faire di'-sonnais ce cpii s'était toujours fait sans lui et contre lui. de irendre l'initiative et de développer la révoution. Car. dit le préjnsé. la ré\olution doit venir d'en haut, puisque c'i-st en haut que se trouvent l'intellig.'nce et la force.
Mais l'expérience atteste, et la philosophie démontre, coiilrairi'inent au préjugé, que toute nholution. pour être efficace, doit être spontanée, sortir, non de la tète du pouvoir, mais des entrailles du peuple : (]ue le gouvernement est plutôt réactionnairi' que progressif : qu'il ne saurait avoir rinlelligeiice dw révolutions. attendu que la société, h qui seule appartient ce secret, ne se révèle point par des décrets de législature, mais l'ar la spontanéité de ses manifestations; (pi'enlin. le seul rapport qui puisse exister entre le cuuvernement et le travail, c'est que celui-ci se fasse de l'autre mm un patron, mais un valet.
bans cette situation, un certain nombre de citoyens, emportés ]>ar le commun préjugé, et cédant à une légitime impatience, veulent contraindre le gouvernemeut à marcher, c’est-àdire à commencer la revolution et organiser le travail ; prétention fort juste, d'apr'es le préjugé. mais insoutenable, d'après la philosophie et I histoire. De son côté, le gouvernement, smitant son incaiiacité et appuyé d’une autre partie des citoyens, refuse d'agir, ou plutôt il réagit contre les solliciteurs ; réaction légitime, au p-.dnt de vue du véritable droit démocrati¬
que et social, mais souverainemeiil injuste d'après le préjugé, auquel les empiétemens du pouvoir prêtent sans cesse une nouvelle force.
On demande ce qu'il adviendra de ce conllit.
RtpoxsE.—Le seul moyen d'accorder les l'nrties serait de leur démontrer l'incomiiéleiire naturelle du gouvernement, en toute fuuclioii autre (pie la police. .Vueun avis ne se |iroduisant. la lutte est inévitable. La force (le resi.stance sera donc en raison de l'intensité du mniirrmntl : de pins, s'il arrive (pie la liille prolonge, la révolution, nu lieu de se développer. dans le tiouvcrnemenl. suivant le sens de son impulsion iirimitive. lui l’eia iiarcmirii' une série de jiositions diamélralenient inver<e de celle (jne. d'après le vieil du |ieupie. il aurait dû suivre. En sorte (pie plus les lioiiimes (hi mouvement cherclieront à ('ntraîner le |ioiiV(iir. plus ceux delà lésistance leferont reculer.
Voilà ce que dit la théorie : voyons rhislnire,
Quin/.e jours s'étaient à peine écoulés depiiila proclamation de la République, que déjà l'inipiiétmle s'emparait des esiirits. D'après leidées nviies. le pouvoir pouvait tout, et l'dU ne lui vi'iyait rien entreprendre. Les plus ard('ns du côté du peuple se plaignaient (|ue le gouvernement iirovisuire ne fît rien pour la Révolution ; lesplnstreinhleurs parmi les boni'geuis raceusaient, nu contraire, d'im faire tmp. Les d(‘crels sur les heures de travail et les maicbandaLTes. bien pins que les fameuses eiiriilairesde Ledru-R(allin. étaient de natiire à alarmer pnifondément la classe bourgeoise, Toiilefois, CO n'était pas tant nu Luxembourg ipie l'iipinion réactionnaire s'adressait alors, (pi'a rHôtel-(ie-Ville. I ieiil |.as
que Louis RIanc et Albert n'avaieni auenn moyen de donner suite h leurs audacieux projets, el que h'ur inllueiicesurle gouvernenienl provisoire était à peu près imllo ; mais la Imurgeoisie. pour (luelipios eirenlaires échappi'e- (lu ministère de rintérieiir. s'imaginait que la Répuldiquc allait faire main-basse sur l(.‘s rei venus el les propriéti's. De toutes parts e l'Iail donc vers le gouvernenienl. c'était vers I.edrii- Rollin que montaient h-s appréhensions et les vœux. Tout le inonde cliercluml une nceasioii. elle ne pouiait longtemps faire faute; un prétexte l'iiéril la fournit.
Le 16 mars, quelqueseonlainos de gardes nationaux se présentent à l'll('itid-do-Vill(> pour protester contre rordonnanee qui su]iprimail les compagnies d'élite, et défimdait en consi’quence le port des bonnets à poil. Celte manifestation. dirigée surtout contre Ledru-Rollin. se trompait d'adresse ; il n’y avait alors rien de commun entre les idées piilitiques du minisiiv de l'intérieur et les théories socialistes du pri'sident du Luxemhourg. Mais le branle était donné, les destins allaient s'acconiiilir.
Le gouvcniement tint bon contre les honnrh à poU : aidé de quelques patriotes rassembh'-
il la liâle, il refoula la niaiiileslation. Le 1 ne s'cn fut pas plus tût répandu, que larme se répandit dans les faubourgs. On i osé attaquer le gnuverneniont irrovisoire ; ronlre-nianifostation fut assignée au lendei pour le soutenir. Or, cette nouvelle iiianifi lion ne fut bientôt elle-niéme, coiiiine avai la iireiiiiére, qu’un prétexte. Dans l'espril
vait Oïl voit, .sans que jaie besoin den taire la une remarque, que les arguinons de Louis Blanc lain pour prendre la dictature sont exactement les da- memes que ceux dont les Kéjmblicains lionnéirf été et madères se sont servis après lui pour légiti- ’iiii mer deux fois de suite l'élat de siège, doniier la |ias (lietaliire nu général Cavaignae, perler à la pré- 111 - sidence Louis Bonaparte, iléelarer les socialistes
'iilei'erail-tl eoiiuni' une ai toiuté iiictatoiu consacrée par une révolution devenue né saii'c. et nmjuni ii rendre ses camples au :
fiw/e umrcrsri qu'nprès arair fuid tout le 1 ipii était h faire'! Boriierail-il au rontrair mission à euiiviRiiier iininédiateiiient fassi
supériorité iiuniériquo du peuple igiioraiil di'S inerveilleusi'. tr
campagnes sur le peuple éclairé des villis, je réaction! Ecouio
l>ensais; ' « .Mais, ji> l’av
» Que nous aurions dû reculer le plus loin elle possible le moment des élections. (|ui‘ plus de lüü,
» Qu'il nous était commandé de |ireudre, dans l’ar l'intervalle, et cela hautement, hardiment, sauf ,v donner lieu ai à en répondre sur nos têtes, l'initiative des vas- Une fuis arrivt tes réformes à accomplir, réserve faite pour ressemblent tous l'Asseinblée nationale du droit de caffenuir eu- de r.iulorilé. la
même fanatiime de l'ordre. N'esl-il pas plai- M-ti-NTEsm e.n équilibre les diverses forces de la sant de voir que. le n mars, les préoccupations société... »
(lui aaitaient Louis Blanc, fauteur secret de la Donc le gouvernement provisoire , chargi: nianiieslalion. étaient précisément les mêmes uniiiuemenl de maiiilciür l'érjiiilihre , n’avait liue celles (jui. trcis semaines auparavant, point à diriger le raouveineni révolutionnaire, avaient amte .\I. (jiii/.ot 7 Jias plus dans un sens que dans l'autre ; donc .
U Le pieuple devait se porter en masse à iiuisqu'ilétaitroa.w'rrHlwr.iln'élaitpasiniliariIOtel-de-Ville pour oiitenir fîtiourneiinuit (les teun donc il n'avait (pie faire d'une aiitoriié élections. Celte m-ande démarche serait-elle dictatoriale; donc rajourneiiieiit des élection. San. danuerf Jus,iu'alors Paris, le Paris de la était plus (pi’inutile. il était impolitiqne : c'é- :-.'-voluîion. aiait été adiijirai.le de majesté Iran- Put un attentat à la souveraineti' du peuple ; quille et de pnis-smt reiKos. ne deiions-nous don-la maml'eslation était absurde. Voila la i'.is veiller a (.-e qu il gardât jusqu au iiout celte conséquence ([ue Louis Blanc devait liier de
saurfr la situation, parce quelle tendait à [ d(7s passions, dit Louis Blanc. .j(2 ne pus me dé
D'UX RÉVOLUTTONNAIRE,
lAiiilre d'un sourire amer, el ce fui lout. » En- | fin, les meml)res du Gouvernement se montrent ;m balcon, el la coniddie finit par nn défild.
(( Telle fut, ajoute Louis Blanc, cette journde
du I" mars, la jihis Ijrandc prut-rlrr dr Uiulrs les journées historiques dans la mémoire des hommes!... «
AIAI. Ledru-Rollin, Crdmieux cl Lamartine ont eu le droit de dire que le 17 mars fut une liello journée, el (feu revendi(|uer rtionneur : eux ne voulaient (lasde la dictature, el ce jourlà la France fut peut-être .sauvée des dielaleui’s. Mais Louis Blanc et ceux qui, à .son exemple, demandaient rajournenient iijddfini des dlecliuns,afiiU]ue le gouvernement, revêtu d'une autorité sansbôi'iies, eiit le temps de faire le bien, ceux-là doivent avouer que ce fut pour eux une pitoyable journée. Qtifji! voici un liommeconvaincu que la dictature est nécessaire pour faire le liien du i)euple; (pie les boinmes du pouvoir, ses collègues, sont hostiles au progirs; ipio la Uévoluiiouesl eu péril si l’on ne réussit a les remplacer ; il sait que l’occasion (‘sl rare; qu'une fois écha)ipée elle ne revient plus; ipi’uu seul instant lui est donni' pour frapper un coup décisif; el (|uand ai'rive ci' moment, il en profile juste pour refouler leiix ipii lui apportent leurs duvoi'imens et leurs bras, il se détourne (le leurs sinistres figui'esl El vous ne croirez pasqu'ily avait dans relboiiuiieipielque chosequi, à son insu, parlait plus haut que ses convictions'?
Le 17 marscommeiiea cette longue ri'acliou que nous allons voirpasser successivement dus lismeaujacoliinisme,dujacohinismoau di nai’isme, du doctrinari.siiie au jésuitisme,el si la raison i)ublii|ue n'y met ordre, m rail pas près de finir. Elle a coiiuuenc
(;elui-lài
'qui
La démocratie gouvernementale, trompée dans .sesespi'-ranres par .ses propres coryphées, pouvait désormais se regarder comme éliminée. Il n'y avait plus de risque (pi'elle reprît le dessus. La scission était consommée; le parti démagogiipie el social avait maintenant sa droite l't sa gauche, ses modérés cl ses ultras, l.csnouveaux jacoliins imposa ient silence aux non veaux Cordeliers. Le pays était en é'veil; la bourgeoisie n'avait plus ipi'à .se ti'iiir prêle, et à ,se jeter comme appoint du côté ipii inclinerait vers elle, au premi'e'r .symplùme d’e contradiction.
Il ne fallait pas s'attendre, l'ii ell'et, (pie l'opinion si haiilemenl iirofessée fiar Louis Blanc et ses amis, et qui a tant de racines en France, passât si lot et SI' tint pour battue; d’autant plus que les événemens de chaque jour, et la mesquinerie des actes du GonvernemoiU provisoire ne ci'ssaient de l'aviver. Ce qu'on .se llattait d’a- Miir seulement réprimé le 17 mars, ce n'était pas la dictature, que l'on jugeait plus que jamais iié'i'essaire. c'élail Blanqui. Blanqui. écarté (lar la réprobation du Luxembourg, écrasé par la dill'amatiou partie de riIôtel-de-Ville, on espérait ressaisir sans opposition, surtout sans rivalili'. l’omuipiilence liiclatoriale. ('.ouime si tout à l'heure, en repoussant l'homme, on n'avait pas l'oudainné l'idC'e!...
Celle idée vivait parlout. Le Gouvernement
ses élémens à se renfermer mservaleur. était bouillon- : il voulait, quand même, ouflle de l'opinion le poiisle saisir une initiative quel-
pi'OM.siiire, couda l'hélérogéiléili' de
oclaii
sensesque puériles, où le Gouvernement pmvisiiu'eaimonçaii la mise en jugemeiuiie.M. Guizot et de s(is collègues, abolissait les titres de noblesse, déliait les fonctionnaires do leurs sermons, changeait la disposition des couleurs sur le drapeau Iricolore. elfaçail les noms monar-
chiques des moiiumens, el leur en donnait de soi-disant républicains, faisait des Tuileries les Invalides du Peuple, etc., Otc.^—Il prenait bien son temps le Gouvernement provisoire !
Dans une adresse emphatique, il s’écriait, par la bouche do M. Lamartine : Les.pdrles de la liberié sont ouvertes \... Ailleurs, il mettait le dcsinteressement a 1 oidre du lour, et faisait savoirA tous, que la vraie politique était la grandeur d'âme. .Une autre fois,jur-la propo- . sition de Louis Blanc, il invitait le peuple à la patience., disant que la question du travail était co,MPLEXE, qu«)i’«e pouvait la résoudre en un instant, ce dont personne, à l’exception du Gouvernement provisoire, n’avait douté jusque-là.
Le peuple avait demandé l’éloignement des troupes. Un journaliste, M. Émile de Girardin, mieux avisé encore, proposait de réduire immédiatement l’armée de 200,000 hommes.
C’était marcher à .la révolution cela, c’était aller à la liberté. Le- Gouvernement provisoire répondit au vo3u du peuple, en même temps qu’à la proposition du. journaliste, 1“ en décrétant la création de vingt-quatre bataillons de gardes mobiles; 2“ en faisant peu de temps après un appel de 80,000 hommes; 3“ en invitant la jeunesse des écoles à s'enrôler dans les sections. Sans compter que les troupes ne s’éloignèrent, pas. Ce que le Gouvernement provisoire prenait pour initiative n’était qu’une imitation de 93. Que voulait-il donc faire do tous ces soldats? Juin, juin pardeux fois,nous l’apprendra.
Comme il ne pouvait par lui-meme s’occuper delà grande question du siècle, el qu’il eût été d’ailleurs fort omban-assé de la résoudre, le Gouvernement provisoire avait pris le sage parti,de l’enterrer. C’est à quoi surtout il appliqua son initiative. Ainsi, il nommait une commission ( voilà bien le .gouvernement ! ) pour examiner la question du travail, une autre commission pour examiner la question du crédit; une troisième commission pour réprimer la curée des places! Le beau sexe n’était pas oublié : une ordonnance du ministre do l'instruction publique autorisait le citoyen Legouvé à ouvrir à la Sorbonne un cours A'Histoire morale de la femme. Puis le Gouvernement provisoire organisait des fêtes : invitation était faite par son ordre aux ministres des cultes de faire chanter le Domine sakam facrempublicum, otd’appelersurla République la bénédiction divine. Caussidière lui-même, le terrible Caussidière, faisait l'cndre au service du culte l’église de l’Assomption, dont les patriotes avaient fait un club. Et vous êtes surpris que le pape soit à présent plus maître à Paris qu’à Rome 1. . L’abbé Lacordaiçe devenait en même temps représentant et prédicateur ordinaire de la République, pendant que l’archevêque de Paris, Allre, avec une malicieuse bonhomie, faisait chanter dans les églises le verset ironique ; Dmins salvum facpopulim; 1
O Dieu, sauvez ce peuple; car il ne sait ce qu’il fait.
Du reste, le public et la presse étalent à l’unisson de l’autorité. Un placard demandait que le gouvernement empêchât la sortie des capitaux, et que M. Rothschild fût mis en surveillance. Un autre proposait do vendre les diaraans de la couronne, et d’inviter tous les citoyens à porter leur argenterie à la Monnaie ; un troisième parlait de transporter les restes d’Armand Carrel au Panthéon. La Démocratie pacifique, prenant aussi l’initiative, demandait que la blouse fût adoptée pour uniforme par toutes les gardes, nationales de la république; que des bureaux d’indication et de placement pour les ouvriers fussent organisés par l’Etat; que des professeurs fussent envoyés dans les départemens pour démontrer aux paysans la supériorité de la forme démocratique sur la monarchique, etc. George Sand chantait des hymnes aux prolétaires; la Société des gens de lettres se mettait à la disposition du gouvernement : pourquoi faire, c’est ce qu’elle ne disait point, et qu’on n’a jamais su ! Une pétition revêtue de 5,000 signaturesdemandait d’urgence le Ministère duprogrcs ! On n’aurait jamais cru, sans la révolution do février, qu’il y eût autant de bêtise au fond d’un public français. On eût dit le monde de Panurge. Blanqui, ou plutôt son parti, avait-il donc si grand tort de vouloir, par un coup do balai populaire, nettoyer ces étables d’Augias, le Luxembourg etriïôtel-do-ville?...
Tout cola, on le comprend, ne faisait pas le compte des ouvriers non plus que des bourgeois. Les jours se suivaient et se ressemblaient, c’està-dire qu’on ne faisait absolument rien. La Révolution s’évaporait comme un alcool en vidange : bientôt il n’en resterait plus que le laisser-passer, une datel... Les corporations du Luxembourg et les clubs résolurent de revenir à la 'charge. Le socialisme, entraîné par les folles imaginations des néo-jacobins, donna en plein dans le projet. On avait élaboré au Luxembourg un ensemble de décrets, que je n’ai pas lus, attendu qu’on ne lésa pas publiés, mais qui ne pouvaient manquer d’être fort beaux ; c’étaient des décrets. On tenait en main le salut du peuple : le repousser, ou seulement l’ajourner, eût été un crime. Une manifestation fut organisée pour le dimanche, 16 avril, par les ouvriers des corporations ; le prétexte était la nomination de quatorze officiers d’état-major, à la suite do laquelle on devait aller à l’Hôtelde-Ville présenter une pétition avec une offrande patriotique. «C’est à nous, hommes d’action et » de dévouement, disaient les pétitionnaires,
« qu’il appartient de déclarer au Gouvernement » provisoire que le peuple veut la République » démocratique ; que le peuple veut l’abolition » de l’exploitation de l’homme par l’homme;
» que lepeuple veut l’organisation du travail par » l’association. » Des mesures étaient concertées
D'UN RÉVOLÜÏIONNAUIE.
d'avance par les hommes du Luxembourg, pour que des personnes étrangères à la manifestation ne pussent point, comme au 17 mam, essayer tl’en changer le caractère et le but ; mais on avait compté sans -Blanqui (1). Tandis que le Luxembourg sommait le pouvoir de s’occuper de l'or^nisalion du travail par Vassodaliwi, tes clubs, raconte M. do Lamartine, et mes renseignemens concordent avec les siens, se mettaient en permanence, nommaient un Comité de salut public, et se préparaient, connno au 17 mars, à prendre la tète de la manife;lation, et à provoquer Tépuration du Gouvernement provisoire.
Louis Blanc, dont la pensée ramenait tout au Luxembourg, ne parait pas avoir eu, le 16 avril, la conscience claire de ce ([ui se préparait : dans sa Revue du 15 septembre, il nie l’existence d’un complot. J’avoue que tout en rendant justice à ses sentimens vis-à-vis do ses collèg'ues, tout en reconnaissant lu caractère pacifique qu’il s'etlorçait d’imprimer à la manifestation, j’eusse préféré, pour l’honneur dé son intelligencè'et la moralité de'sa situation, lo-TOir entrer hardiment dans la politiriue do Blan([ui, au lieu de la controcai'rer s;vns cesse |)ar une sourde et'mesquine hostilité. Tout l’y invitait, tout l’excusait. Au iioint de vue de l’ancienne opiiosition dynasti(iuo,c|ui avait provoijué la Révolution de févriei-, connno du pai’li ré|iublicain, qui l’avait si hardiment exécutée, Louis Blanc pouvait tout entreprendre : son droit ne relevait que de sa force. Pidsr[uo les hommes que le choix du peuple avait d’abord désignés pour faire i)arti() du Gouvernomeut provisoire n’agissaient pas, rien de plus siniple ipic de les remplacer par d’autres (lui agiraient ; le mandat du 16 avril eût été tout aussi autliimlique que celui du 25 février. Rester plus longtemps dans le statu (jun, c’était trahir la Révu- Intioii; il follait marcher : à moins d'ètre absurde, la manifestation du 16 avril ne peut s’interpréter autrement. Et si mes infoi'inalions ne me trompent, j’ose dire qu’aucun de
(1) Loraïuc je signale la présence tîo Iilanqui dans la .'îTcst'^cré'quo lient appuyée par En sorte que, d’a-
cwuv; .wioiv.i., .^o v.v. ... manifostalion du
Jd avril, nUrà-révolulionnaires à l’égard des républicains du Nalional cl de lii IKiforme, n’étaienl plus (lue des liorspiiitis vis-ii-vis des comuiunistcs, à lu tôle desquels ou f.u- ■, cx-œqtn, Cul)cl cl lîliuiqui. 11 ii’csl doue pas - ' “ icr ait pris aucune initialivc dans un pour luit, en partie, do le sacrilicr.
meneurs propusent et le peuple
irobablc que
•Mais ou révolulioii,
qui, qui se Irouvaicnl un peu partout, ii la préfecture de police comme au Luxembourg, donnèrent le ton nu mouvement , et ce quo l’on avait prémédité de faire contre les deux fractions extrêmes du parti démocratiuue tourna au prufil de la réaction conservatrice. Quanti donc la démocratie sera-t-cllo débarrassée de toutes ces intrigues qui In perdent .
ceux qui, avec connaissance de cause, y ont pris part, ne me désavouera.
Au reste, si les doux mombros du Gouvernement provisoire qui siégeaient au Luxembourg méconnurent le rôle que, hou gré mal gré, leur faisait la manifcstalion, le peuple ne s’y trompa pas; ajoutons que le gouvernement et la garde nationale ne s’y trompèrent pas non plus. Le récit quo fait Louis Blanc de celte journée, loiidaiit à élai.ilir la parfaite innocuité de la manifestation, est par trop naïf, je dirai même par trop injurieux à rinlclligoneo des ilémocratcs. En quoli[ues heures l’ar'is fut sur pied ; tout le monde prenant parti, qui pour la manifeslation, qui pour le Gouverncmeiit provisoire. El cetto fois encore ce fut la fracüon tlémocralique opposée à Rlanqtti et aux communistes, qui donna le signai de la réaction. Tamils que Ledru-Rollin, trontpé, assure Louis Blanc, par de feux rapports, mais en réalité très iieu engoué du socialisme eide lapolilitpiedu t.u.xcmliourg, feisait Itatli’C le rappel, Raiiiès, iiu iioiii du cliihdo la Révoltilioii, dont je faisais partie avec Pioj're Leroux, et qui siégeait aloi's en pennanonco, se rendait auprès du goiiveriiemonl pour l’appuyer et lui olfi ir notre adhésion. Nous ne savions rien au juste de ce qui so passait: si c’étaient des lilancs nu des rouges qui ineiwçaieiit la Républi([ue ; dans riiicertitude, nims iiuiis rangions autour du pouvoir, coiiime autour du (Irajieati do la Bévoliiliuii. I.cdi’u- Rolliii recueillit de ce rappel Italtu une longue el injusle imiiü]iiilai’i!é: Baiiiès, comprenant mais trop tard la felalKé de sa position, en versa, dit-on, des pleurs de l'ogi'el. liais l'opinion aiili-goiivernîmeiilnie était la plus forte: décidément, lepa.ysiie vuiilail passe laisser révolutionner par en haut; et tandis que Barbés, cédant à des répulsions i>out-être trop personnelles, ero.vnit no résislcr qu’aux exaltés de.s clubs, le Bayard de la démocratie élaitdans les vi'itis principes: il re[ii’ésenlait; contre ses propres inclinations, la pensée intime du peuple, i.cs gardes nationaux, qui jusqu’à (ptativ heures avaient ignoré la cause du mouvemeiil, n’eurent que la peine tle se montrer poiii’ y mettre fin. Au balcon de IT!ôlel-de-Viile, pendant le défilé, Louis Blanc et Albert furent vus ]>Ales el Consternés, au milieu de leurs collègues qui semblaient leur adresser sur leur imprudence les plus vifs reproclics. Le soir, le cri de A Ims 1rs Communistes ! venait témoigner qu’eu Franco le gouvernement est placé vrs-à-vis du pays dans les mêmes conditions que Figaro vis-à-vis de la ceiisure : il Itii est permis île tout dire et de tout faire, à la condition d’êlre de l’avis tle tout le niotule.
Louis Blanc avait eu l’bonucur de la ré'aclioii ilu i7 mars; Ledru-Rolliu eut flioiitieur de la réaction du 16 avril. Autant le premier avait éléfondé à s’opposer à la dictature vraie ou supposée .de Blanqui, autant le second l’était dans son opposition à la dictature do Louis Blanc. Au
16 avril ; Ledru-Rollin n'était ni socialiste ni communiste; il se moquait des théories de son collègue. Délégué du peuple au ministère de l'inténeur, responsable de l'ordre et de la liberté devant le pays, chargé de défendre tous les intérêts, il ne piit voir dans la inanil'estatiun du 16 avril qu une tentative d'usurpation ; il résista. Qui oserait le condamner^ .V couji sùr, ce n’est pas Louis Blanc.
Le 16 avril, comme le IT mars, n'en fut pas moins un échec à la Révolution ; car toute attaque au pouvoir, dans le but de s'en servir pour violenter les instincts d'un pays, que cette attaque soit ou non suivie de succès, est un échec au progrès, une reculade. Louis Blanc avait-il l'espoir de faire triompher, par coup d'Etat et autorité dictatoriale, un système de réforme économique qui se résumait dans ces trois propositions ;
1“ Créer au pouvoir une grande force d'ini-
2" Créer el commandilcr au.r frais d* l'Etal des ateliers publics ;
3" Eteindre rinduslrie prirre sous la concurrence de Cindustrie nationale'^
Ceùt été de sa part une grande illusion. Or.
si le syslènie écouomiqite de Louis Blanc n'est qu’op'pression ; si le moyen dont il entendait se servir pour l'appliquer n'est ipi'usurpation, comment qualifier la tentative du 16 aviill comment'l'evcuser. je ne dis pas devant la conscience.— la bonne foi du \mbliciste couvre ici les intentions de l'homme d'Etat. — mais devant la raison 1
C'est à partir du 16 avril ([ue le socialisme est devenu pirliculièretnenl cHÜeuv au pays.
Le socialisme existait depuis juillet. Dejiuis juillet, saint-simonieus. phalanstériens. communistes. humanitaires, et autres, eiilreletiaient le ]iuhlic de leurs innocentes rêveries; et ni M. Thiers. ni M. Guizot n'avaient daigné s'en occuper. Ils ne craignaient point alors le socialisme. et ils avaient raison de ne le pas craindre, tant qu'il n'était pias(piestioude l'ap.püquer aux frais de l'Etat et jiar autorité publique. Apri-sle 16avril, le socialisme souleva contre lui toutes les colères ; on l'avait vu, minorité imjx'ifeptible. toucher au gouveiaiementlCequi fait que les partis se détestent, c'est bien luoitis la diveigeiice de letii-s idées que leur tendance à se dominer l'un l'autre:
on se soucie wu des opinions; on n'a d'inquiétude que du côté du |iouvoir. S'il n'y avait pas de gouvernement, il n'y aurait pas de partis; s'il n'y avait pas de partis, il n'y aurait (•■as de gouvernement. Quand sortirons-nous de CO cea-le-;
tX. — 15 mal : Réaction Bastide et narrast.
L'idée d'une puissance souveraine, initiatrice el modératrice, constituée, sous le nom de (iouvcmement. Etal ou .\ulorité. au-dessus île la
nation, pour la diriger, la gouverner, lui dicter des lois, lui prescrire des régleniens, lui imposer des jugemenset des peines; cette idéc-là. dis-je. n'est autre que le (irinciiie même du desiiotismc.que nous combattons eu vain dans les dv nasties et les rois. Ce qui fait la royauté, ce n'est pas le roi, ce n'est pas l'hérédité ; c'est, comme nous le verrons plus bas, en (larlanl de la Constitution, le cumul des pouvoirs ; c'esi la concentration hiérarchi(|ue de toutes les facultés politiques el sociales en une seule el iiidivisiltle fonction, qui est le gouvernement, que ce gouvernement soit représenté par un prince héréditaire, ou bien par un ou (ilusieurs mandataires amovibles et électifs.
Toutes les erreurs, tous les mécomiiles de la démocratie proviennent de ce que le jieuple, mi plutôt les chefs de Ijandes insurrectionnelles, ajirès avoir brisé le trône et chassé le dynaste. ont cru révolutionner la société parce qu'ils ri’volutionnaieiit le personnel monarchitiue. el qu'eu conservant la royauté tout organisée, ils la rapportaient, non plus au droit divin, mais à la SI luveraineté du peuple. Ei-reur de fait ;t de droit, quidans la (iraliquenajamais pu s'établir, et ci.iulre laquelle protestent toutes les révolulions.
D'un côté, la logR[ue des événemens a constamment prouvé ipi'en conservant à la société' sa consiitutioii monarchique, il fallait tôt ou lard revenir à la sincériti' de la monarchie; el il est rigoureusement vrai de dire que la démocratie, (lour n'avoir pas su définir son propre (irincipe.n'a été jusijuici qu'une défection envers la royaulé. Nous ne sonnnes pas des réqiublicains: nous soinmos, suivant la [larole de M. Guizot, des factieux.
D'autre part, les politiipies du droit divin, argumentant de la conslitution même du pouvoir (vrétendu démocratique, ont démontré a leui-s adversaires que ce (louvuir relevait né'cess<airement d'un autre principe ipie la .souveraineté du [leuple. qu’il relevait de la théocralie. dont la monarchie n'est, ainsi ipie je l'ai dil. qu'un dé'memliremeiit. Le gotivei’iiemeiiialisme. remarqiiez-le liien, n'est puini issu (l'une doctrine philo5u|ihique. il est né d'une théoi-ie de la Providence. Chez les modernes, comme dans l’antiquité, le sacerdoce e.st le pi're du gouvernement. Il faut remonter d'abord Grégoire VH. puis de celui-ci jusqu'à Moise et aux Égyptiens, iioiir retrouver la filiation des idéegouvernementales. et l'origine de cette funeste théorie de la comiiélence de l'Etat on maiiiTe de perfectibilité et de progrès.
Moïse . s'obstinant à faire une société de déistes d’une peuplade idolâtre, à peine sortie des habitudes anthro]iophages, ne réussit qu’ii la tourmenter pendant douze siècles. Tous lemalheurs d'israél lui vinrent de son culte, l’in'nomene unique dans Thistnire, le peuple lii'breu présente le spectacle d'une nation conslainment infidèle à son dieu national. parlons