‹ Les confessions de FréronChapitre 100 sur 189 · Jfjid., tome V, page · texte numérisé non relu

Jfjid., tome V, page

On pourrait se convaincre, en prenant la balance de l'impartialité, que tous leurs écrits sont marqués au coin du désordre et de l'imperfection; vous y trouverez du génie sans doute, mais peu de goût, presque point

de "race et de délicatesse ^

XXY

Rien n"est plus commun que de voir des amateurs, même éclairés, des lettres et des arts, adopter pour modèle unique dans un genre quelconque, la production qui s'y est montrée avec le plus d'éclat, et se faire, en conséquence, une espèce de loi de mépriser tous les ouvrages qui ne sont point formés sur ce modèle.

Cette admiration exclusive est un des plus grands obstacles aux progrès de Tesprit humain, et rien ne se perfectionnerait si l'on s'en tenait dans chaque partie au premier auteur qui paraîtrait y avoir excellé.

Chacune de ces parties est un arbre immense qui a une infinité de branches et de rameaux chargés de fruits, ou, si l'on veut, c'est un champ vaste et fertile ; la main d'un seul homme ne saurait suffire à de si abondantes récoltes.

Mille chemins différents et même contraires conduisent au sommet du Parnasse; et, comme dans la guerre, on voit atteindre au même degré de gloire des héros qui ne se ressemblent point, on voit aussi dans les arts, des hommes d'un caractère d'esprit presqu'entière-

Page 1