‹ Les confessions de FréronChapitre 99 sur 189 · Ibid., tome III, page · texte numérisé non relu

Ibid., tome III, page

au discours moral un certain air naturel, insinuant et facile qu'il doit avoir, surtout quand elle est trop répétée : on ne persuade pas des cœurs tranquilles avec l'emportement; l'apostrophe a toujours l'air d'enthousiasme.

On convient qu'il faut mettre de la chaleur dans un ouvrage; mais il ne faut pas y mettre de l'incendie : le lecteur demande un feu modéré qui l'échauffé et le pénètre, et non une flamme brûlante qui le dévore et le consume \

Quelques épigrammes de Boileau ont ren du Chapelain ridicule. Il paraît cependant qu'une épigramme ne devrait prouver, tout au plus, que l'esprit de son auteur ; il est peu de nations qu'un bon mot affecte aussi ! vivement que la nôtre. Les événements les plus sérieux sont quelquefois parmi nous le sujet d'un vaudeville^. J

Il me semble que nous faisons trop d'honneur aux Anglais de traduire jusqu'à leurs moindres ouvrages. Leur littérature se trouve en défaut presque autant que leur politique; l'une n'est pas plus sûre que l'autre, et souvent leurs productions d'esprit ne méritent pas plus de succès que leurs entreprises d'État.

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