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vais levain, et ce levain corrompt (passez-moi cette expression) la meilleure pâte dramatique.
Chez l'Anglais, beaucoup d'auteurs comiques font paraître du génie ; pas un seul ne montre du goût.
C'est toujours quelque chose, me dira-t-on, que de perfectionner; j'en conviens, pourvu qu'on choisisse des sujets propres h cette perfection. Ce n'est pas dans le sol anglais que naissent ces plantes heureuses, et pour le Comique, l'Espagne vaut beaucoup mieux. Mais, sans mettre l'étranger à contribution, que ne profitonsnous de nos richesses ? Molière, Molière, voilà le grand maître et le vrai modèle ^
Le genre poissard dont Vadé est créateur et dans lequel il a excellé n'est point un genre méprisable, et il y aurait certainement beaucoup d'injustice à le confondre avec le burlesque, cette platitude extravagante et facile du dernier siècle, qui ne pouvait subsister longtemps parmi nous.
Le burlesque ne peint rien ; le poissard peint la nature, basse si l'on veut, aux regards dédaigneux d'une certaine dignité philosophique, mais très-agréable h voir, quoiqu'en disent nos délicats.
Un tableau qui me représente avec vérité une guinguette, des gens du peuple dansants, des soldats buvant et fumant, n'a-t-il pas droit de me plaire ?
Vadé est le Teniers de la littérature, et Tcniers