Ifjtd., tome V, page
Le plus grand mérite d'un traducteur consiste sans doute i\ bien rendre les tours et les pensées de l'original. Une doit point avoir de style ni de manière à lui; c'est le goût de son auteur, c'est son ct3loris qù'îlïïoît suivre r grâces, figures^ images, il faut qu'il exprime tout d'après son modèle, avec la même précision, la même chaleur, le môme génie; en un mot, il doit sortir, pour ainsi dire, de lui-même, et passer dans l'âme de celui qu'il traduit; de sorte que c'est l'original qu'on croit entendre et qu'on croit lire, mais parlant une autre langue; la seule différence sensible doit être dans le langage pris uniquement comme idiome. Voilà, ce me semble, le point de perfection. Les difficultés sont extrêmes; aussi les vrais traducteurs sont-ils rares : à peine en peut-on citer en France^.
Je ne sais ce que sont devenues l'éloquence et la poésie. Mais, supposé que la curiosité vous prenne de découvrir leur asile, n'allez pas les chercher dans les immenses recueils de pi'ix académiques, ou, si elles y sont cachées, certainement elles s'y cachent très-bien; il n'y eut jamais de travestissement plus parfait, et je délie l'homme le plus fin de les reconnailre sous le masque.
Les morceaux de prose couronnés sont des disserta-