‹ Les confessions de FréronChapitre 116 sur 189 · Ibicl., IIOI, tome II, page · texte numérisé non relu

Ibicl., IIOI, tome II, page

Mais, on peut jeter de l'ennoblissement sur les images les plus familières du malheur; c'est là le grand secret de l'art dramatique; il faut nous montrer la nature, mais avec des adoucissements qui cependant ne lui dérobent rien de ce qui peut nous toucher. Il faut que l'honneur et le sentiment soient satisfaits à la fois; si l'on perd de vue ce double objet, bientôt on nous exposera dans nos drames un criminel conduit dans un vil tombereau à cette place publique destinée aux exécutions'.

Rien de plus commode que les romans par lettres. Pour peu qu'on ait d'esprit et de talent, la plume coule avec rapidité; un écueil est à craindre, c"est que ce genre décrire entraîne ordinairement le lâche et le diffus-.

Le genre de Comique larmoyant ou de Tragédies bourgeoises, comme on voudra l'appeler, sera toujours fort au-dessous de la bonne et vraie Comédie, de la Comédie d'Aristophane, de Plante et de Molière, parce que l'impression qu'il produit sur les spectateurs est nécessairement faible , quand même il emprunterait toute la force, toute l'énergie, toute la violence du Tragique dont il est émané.

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