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2GG LES COxN'FESSIONS DE FRERON.
Cette ditîéi'ence vient, si je ne me trompe, de la qualité des malheurs et des personnages.
Quelle est la source de l'intérêt que nous prenons auK héros dans les tragédies? C'est la supériorité de leur rang et la grandeur de leurs dangers. Il s'agit de la perte de la liberté, d'une couronne, de la vie, etc. Ces malheurs sont d'une autre espèce que ceux du commun des hommes. Des particuliers ne sont point exposés à de pareilles infortunes ^
La connaissance de la Fable est nécessaire dans le monde, parce qu'elle répand un grand jour sur lous les ouvrages des poètes anciens et modernes, qui sont remplis de traits liés avec la Mythologie. Sans elle une infinité de beautés nous échapperaient; on ne pourrait entendre les fictions qui sont les fondements de la plupart des grands poëmes. Les sujets mêmes de nos propres amusements seraient pour nous des énigmes. Il en serait ainsi de tous les ouvrages de sculpture et de peinture que l'on voit, surtout dans les maisons royales et dans tous les lieux où les souverains ont fait éclater leur magnificence et leur goût pour les beaux arts : monuments précieux sur lesquels U' peuple et tout ce qui lui ressemble ne porte qur des regards stupides".
'] 1. L'Année littéraire, tome Ul,'|ages UIO et ■JIT. 'i. Ihkl., tome IV, \t^iQ '211,
ToLil est épuisé, me dira-t-on; il faut être singulier pour paraître neuf. Je trouve un autre expédient. Que les auteurs dramatiques se rapprochent de la nature, qu'ils ne la perdent jamais de vue, qu'ils approfondissent le cœur humain comme Racine, qu'ils étonnent l'esprit, qu'ils élèvent l'âme comme Corneille, qu'ils n'imervent point le sentiment par le faste des mots; je leur promets que cela paraîtra très-neuf, et qu'on ne leur reprochera point d'imiter leurs contemporains ^
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Les jeunes gens se persuaderont-ils jamais qu'ils doivent user avec beaucoup de tempérance de l'antithèse, cette tigure commune de rhétorique ; qu'on veut bien la souffrir de temps en temps; mais qu'à la longue elle devient froide et mesquine; que de plus il n'y a rien de si aisé que de trouver ces oppositions enfantines de pensées et de mots ; que ce sont des espèces de bouts-rimés que l'esprit le plus médiocre peut remplira
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Pour qu'un roman réussisse , il faut qu'il paraisse avoir le mérite de l'histoire la plus fidèle et la plus
1. L'Année littéraire, tome VI, page 161. ■2. IbifL, page Ui.
vraie : sans cette qualité, il sera bientôt rejeté comme un ouvrage de l'art, et ce n'est point l'art qui arrache des larmes et qui excite les grands mouvements de l'âme; c'est la nature, la seule nature envisagée et rendue avec force; c'est ce qu'on appelle le génies
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0)1 no peut guère fixer de principes ni donner de modèles pour le style épistolaire ; le mérite de ce genre dépend du plus ou du moins d'esprit de celui qui écrit; les imitations ne valent rien, et madame de Sévigné a produit beaucoup de misérables copies qui sont tombées dans le plus profond oubli ^.
Un homme de lettres, sans quitter le genre qu'il a embrassé, peut et doit même jeter un coup d'œil sur tous les arts en général. Si Milton, le Tasse, le Camoëns, n'avaient lu que des vers, leurs poésies auraient moins intéressé''.
On ne saurait être trop simple dans des ouvrages consacrés à la douleur; les anciens nous étaient bien supérieurs dans cette partie; ils ne s'attachaient qu';\