k Année littéraire, tome II, page
2. Ibid., tome III, pages 9 et 10. ^ ^. d. Ihid., tome VII. pages 12 et 13. "^
étrangères que nous élevons jusqu'au ciel. Cet enthousiasme n'est-il pas souvent déplacé et capable même de décourager nos auteurs qui servent, pour ainsi dire, de victimes aux idoles que notre nation va chercher hors de son sein? Je ne connais rien qui étouffe plus rémulalion que ces transports exclusifs, que celte convention de suffrages accordés à tel ou tel peuple, au préjudice de tous les autres^
Il y a longtemps que l'on a disserté sur le genre de la Comédie larmoyante, qui se rapproche de l'idée que nous avons de la Tragédie bourgeoise. Je n'ai jamais pensé qu'on dût la proscrire, par plusieurs raisons; entre autres, parce que les malheurs des hautes conditions sont peut-être moins faits pour attacher les regards de la multitude qui trouve toujours dans la grandeur des dédommagements qu'elle n'aperçoit pas dans la médiocrité.
Je \ixh plus loin. Si nous apprenons le désastre d'un liomme élevé au-dessus de nous, notre premier mouvement est de le plaindre; V homme et le grand sont confondus dans cette première émotion, mais elle n'est que passagère; il s'y mêle un plaisir secret et naturel de se voir vengé par la fortune. Si, au contraire, elle s'appesantit sur quelqu'un de notre état, notre sensibilité est nécessairement plus vraie et plus profonde; la