‹ Les confessions de FréronChapitre 120 sur 189 · L'A?i/iée littcioive, tome VU, pages 268 et · texte numérisé non relu

L'A?i/iée littcioive, tome VU, pages 268 et

crainte du même sort nous y entretient; l'honime malheureux se découvre à nous tout entier sans cet appareil de titres, de dignités, sans cette pompe dinfurtune, si je puis le dire, qui le dérobe à la pitié de ses intérieurs.

Ainsi, la Tragédie bourgeoise nous rapproche plus de la nature que l'héroïque; je voudrais seulement que nos auteurs ne s'obstinassent pas à donner à cette espèce de Drame le titre de Comédie ^

L'application d'un Apologue est juste lorsque l'action d'où on l'a tirée est naturelle aux acteurs qu'on vient d'introduire sur la scène, et que, sans l'être aux hommes qu'on veut introduire, elle a pourtant une ressemblance non équivoque avec ceux de leurs défauts qu'on veut corriger.

Ainsi l'action du loup qui croit avoir droit de manger l'agneau, et le mange sans autre forme de procès, quoique différente de celle du fort, qui, parmi nous autres animaux raisonnables, opprime quelquefois l'innocent, lui ressemble cependant par l'injustice, la violence et la cruauté qui sont égales des deux côtés; et comme cette ressemblance est aisément aperçue des esprits les plus simples et les moins pénétrants, elle ne peut manquer de faire trouver de la justesse dans la moralité de l'Apologue, ce qui procure au lecteur le

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