PORTRAITS
d'Athènes, de Rome et de Paris, ne soit pas encore parvenue à produire un ouvrage digne d'être avoué par ses maîtres : comment expliquer un pareil phénomène ?
Les Anglais, si jaloux de leurindépendance, veulentils donc l'étendre jusques sur leur manière d'écrire? Regardent-ils les Aristote, les Horace, les Quintilien et les Despréaux, ces sages législateurs, comme des tyrans qui attentent k leur liberté ?
La forme de leurs livres (me pardonnerez-vous ce parallèle) ressemble à celle de leur Gouvernement, et retrace, par ainsi dire, les trois Pouvoirs qui se réunissent à Westminster.
La Majesté Royale est, en quelque sorte, représentée par les traits vraiment sublimes qui leur échappent quelquefois; la Chambre des Pairs, par les sentiments nobles qu'ils expriment, et celle des Communes (la plus nombreuse) par les petits objets qu'ils s'amusent à peindre, par les idées triviales qu'ils ne savent point rebuter, par la bassesse des originaux qu'ils nous présentent.
Enfin, leur mont Parnasse est un autre mont Etna, qui vomit des flammes, de la cendre et de la fumée \
1. Lettres sur quelques écrits de ce temps, tome V, pages 3 et 4.