‹ Les confessions de FréronChapitre 126 sur 189 · L'An)iée littéraire, tome W\\, pages 275 à · texte numérisé non relu

L'An)iée littéraire, tome W\\, pages 275 à

flans noire siècle de ne traiter l'histoire que par abrégés. A l'eKception de l'ouvrage excellent de M. le président Hénault et de quelques autres formés sur ce modèle, je regarde ce genre de littérature comme un effet du mauvais goût. Ces compilations indigestes, qui coûtent peu à former, contribuent moins à étendre les connaissances qu'elles ne nuisent aux bonnes études. Sous le prétexte d'analyser et de réduire, nous devenons mesquins; nous étranglons les sujets; nous les rendons presqu'imperceptibles , et bientôt , si nous n'y prenons garde, nous serons si petits qu'on nous perdra de vue.

La meilleure manière d'écrire l'histoire et la plus instructive, tant pour l'exposition des faits que pour les maximes de morale et de politique qui en résultent, est celle de M. Rollin et de plusieurs auteurs trèsconnus et fort estimés. On y prend des idées justes sur la géographie respective , sur les événements , sur les grands hommes, sur les mœurs, sur le génie des peuples, sur le commerce, sur les sciences, sur les arts et sur les productions naturelles de chaque climat.

C'est ce que les Anglais appellent histoires rédigées. Moins diffuses que les histoires générales, moins arides fjue les abrégés, elles joignent le mérite de la précision Il celui des développements ^

Tous ceux qui écrivent des histoires, soit générales, soit particulières, doivent bien se mettre dans l'esprit

]. ].' Année littéi'oirp, pages 252 à 254.

qu'ils lie sont que des témoins, et que leur déposition ne demande que de la simplicité, de la clarté et de l'élégance. Un conteur dans la société serait insupportable si ses narrations étaient conçues en phrases ampoulées, obscures et précieuses*.

L'histoire, dont le principal attribut est de porter les hommes à la vertu et de les détourner du vice, doit, pour remplir cet objet, renfermer non-seulement les actes qui ont trait à la partie militaire et civile du gouvernement, mais encore mettre au grand jour les passions des hommes, et rapporter les différents effets qu'en ont ressenti ceux qui s'en sont laissé abusera

Les lettres des particuliers célèbres intéressent toujours le public, lors même qu'elles ne portent que sur des objets frivoles ou indifférents, parce qu'elles servent à développer leurs mœurs, leur caractère, la tournure de leur esprit; mais, elles sont d'une toute autre importance quand de grands hommes y traitent des matières relatives au rang qu'ils ont occupé dans le monde de la politique ou de la guerre. Ces écrits deviennent alors précieux et pour l'histoire et pour l'instruction de ceux qui doivent leur succéder dans leurs emplois'.

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