‹ Les confessions de FréronChapitre 154 sur 189 · Ibid., tome VI, page · texte numérisé non relu

Ibid., tome VI, page

Les auteurs comiques sont ordinairement pensifs, et tout le monde sait que Molière était un des hommes les plus graves de son temps. On a même fait une remarque, c'est qu'en général les poètes tragiques sont gais, et les poètes comiques sérieux.

Il ne serait pas difficile de rendre raison de cette singularité. Ne pourrait-on pas dire que le poëte tragique n'exerçant que son imagination, se livre plus aisément à la société par le genre même de son travail, qui n'a aucun rapport avec ce qu'il voit et ce qu'il entend ; au lieu que l'auteur comique conserve toujours, malgré lui, cet esprit d'observation qui lui est nécessaire; ses succès dépendent absolument de bien saisir les caractères et les ridicules de tous les états de la vie ; c'est, en quelque sorte, l'espion de la société; et tout homme qui observe, qui étudie, qui examine, est rarement aaréable\

Les figures sont l'àme de la poésie, dans quelque langue que ce soit, et il n'y a peut-être pas de traduction plus infidèle d'un poète quelconque, que celle où l'on ne traduit pas ses ligures^.

Tout ouvrage fondé sur la peinture des mœurs d'une nation, sur la plaisanterie qui lui est propre, ne pourra

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