‹ Les confessions de FréronChapitre 19 sur 189 · Jouûe le :]0 avril · texte numérisé non relu

Jouûe le :]0 avril

2. Lrflrrs snr (juphpivs écri/s, etc., tuiiKî II, pagOS 289 à '3^^!^, Lotlros XI et XII. (U, et .Jl décembre 1749.) - Pages 353 et 351, Lettre XII.

laHenriadc, depuis cette époque, changea bien de langage sur le compte de Fréron. Il est vrai que ce dernier ne le ménagea pas lui-même quand il crut que l'intérêt de la religion, de la morale et des lettres l'exigeait*.

Marmontel ne fut plus tenté de répondre à Fréron et n'en appela jamais de cet arrêt en forme. D'ailleurs, la tragédie n'était nullement son fait. En 1750, sa Cléopdtre tombe à plat; un bon mot attribué à diverses personnes, et qui peint bien l'opinion du public, fut inspiré par l'aspic automate de Yaucanson qui sifflait, en piquant Cléopàlre et en lui donnant la mort. On demandait à l'un des spectateurs ce qu'il pensait de la pièce : « Je suis — répondit-il, — de l'avis de l'aspic. »

Plus tard, les Hêvadides et Egyplus subirent le sort iV An'stomène et de Cléopàtre. Chez Marmontel, la tragédie fut toujours une passion malheureuse.

Un seul homme fut fidèle à Fréron, dont il partageait tous les principes en littérature; il fut le premier à l'encourager dans l'entreprise difficile qu'il avait commencée, mais où jamais ni l'esprit, ni l'à-propos, ni le courage ne lui firent défaut. Cet ami du critique ce fut Roy, poëte lyrique, illustre dans la carrière ouverte avec tant d'éclat par Quinault.

Fréron s'empressa d'insérer cette lettre, avec quelques lignes de préambule; quoique un peu longue, nous la transcrirons presque en entier, pour les intéressants et précieux détails qu'elle contient sur l'état de la littérature et du mouvement intellectuel à cette époque :

M. Roy, — c'est Fréron qui parle, — M. Roy, si connu par ses succès sur le théâtre lyrique ^, et par la

Page 1