VAnnée littéraire, 1774, tome I, pages 11 et lô
'2. Né à Paris, en 1683, mort en 1764, Charles Roy avait alors produit les poëmes d'opéra suivants : ColUrhoé (1712), Sémirnmi.'i (1718), dont Voltaire a tiré tout entier le plan de sa tragédie du
glorieuse distinction accordée à sa muse', vient, monsieur, de m'adresser une lettre, dont la lecture ne peut manquer de vous être agréable. Je souhaite que ma réponse vous fasse autant de plaisir, et qu'il puisse la goûter lui-même. »
Voici la lettre de Roy:
« Je vous félicite, monsieur, de la liberté rendue à votre plume, et des ménagements que vous voulez vous imposer. Vous allez donc remplir votre mission en toute bénignité, sans que la vérité perde rien de ses droits. Boileau la soutenait autrefois avec un zèle amer. Il appelait du relâchement de notre siècle au siècle d'Auguste. Il tonnait sur les infracteurs des règles, sur les profanateurs du temple des muses. On veut aujourd'hui des dogmes plus mitigés.
(( Dans la querelle des anciens et des modernes madame Dacier traita sévèrement le champion des
même nom: /m Élément'^ {\12'i), du prologue desquels on a souvent cité cos beaux vers :
Les temps sont arrivas; ces?ez triste cahos! Paraissez, (-léments! Dieux, allez leur prescrire
Le mouvement et le repos; Tenez-les renfermés chacun dans son empire. Coulez, ou;les, coulez! volez, rapides feux! Voile azuré des airs, embrasez la nature! Terre, enfante des fruits, couvre-toi de verdure! Naissez, mortels, pour obéir aux dieux!
Les Sens (17:]2). Dans le genre lyrique, Roy se montra supérieur à La .Mothe et à Danchet, les seuls poètes qui se fussent distingués jusqu'alors dans une carrière ouverte par Quinault, et qu'il a rendue si difficile pour ses successeurs.