VIII PRÉFACE
La Révolution française ayant absorbé toute l'attention des écrivains, — soit historiens, soit publicistes, — cette attention s'est concentrée sur les faits et la philosophie, et on a oubhé de demander à la littérature, qui est la véritable expression d'une société et d'une époque, le mot et l'explication vraie de ce qui est encore une énigme à l'heure qu'il est, et cesse pourtant de l'être quand on a lu Fréron et quelques autres hommes qui, plongeant pour ainsi dire dans la postérité, ont voulu l'éclairer par le compte rendu, l'inventaire, le pourquoi des écrits publiés de leur temps, pour et contre la vérité religieuse, morille, historique, politique et littéraire.
Un siècle tel que celui qui produisit Voltaire et Rousseau n'est certes pas une époque ordinaire; mais, en regard et pour rétablir l'équilibre, il faut mettre Fréron, Guénée, Bergier, les apologistes catholiques, et aussi les martyrs de la vérité et du droit éternel et imprescriptible. Ce parallèle fait du siècle dernier une époque du lyionde,— pour nous servir de la parole si caractéristique du grand Joseph de Maistre.
Ce qui explique la passion d'études sur le dixhuitième siècle qui anime les libres penseurs