‹ Les confessions de FréronChapitre 27 sur 189 · Malesherbcs était surveillant de la librairie · texte numérisé non relu

Malesherbcs était surveillant de la librairie

:). Frérou était di-saMubint — jiar les femmes — du poëte .Malhirbe.

lui avaient inspirée de bonne heure et qu'il conserva, jusqu'au dernier soupir, pour les chefs-d'œuvre littéraires du grand siècle. A cette époque, en rendant compte des Remarques sur les tragédies de Jean Racine, par Louis Racine son fils, il disait :

« Elles (ces Remarques) sont précédées d'un Discours préliminaire que M. Racine m'a fait l'honneur de m'adresser, parce que je préside à la nouvelle et magnifique édition in-4*^, qu'on prépare des œuvres de son illustre père....

« J'ai.... cru, par rapport à l'entreprise dont il s'agit, que le publie n'exigeait de moi que de revoir fidèlement le texte ; de lui en offrir un correct, ce qu'on n'a point fait jusqu'à présent; de rejeter toutes les mauvaises critiques qu'on trouve ordinairement à la suite de ces tragédies ; de composer une vie du poëte, avec un discours qui contînt l'histoire des pièces, les anecdotes qui y ont rapport, et où je fisse sentir les progrès de l'auteur, et l'intervalle immense qu'il a franchi avec tant de succès et de rapidité depuis la Thébaïde jusqu'à la ?,\}ihYmie Athalie. C'est à quoi je me suis borné dans cette édition en trois volmnes in-i", qui paraîtra dans un an '. >->

C'est à grand peine, qu'au coniniencement de 17o3, il résiste au désir de critiquer une mauvaise pièce de Vol-

1. Lettres sur quelques écrits, etc., 175?, tome VII, pages 10. 51 et 52. Lettre III (26 novembre 1752).

taire; mais, le souvenir de la récente suspension de ses feuilles et de son propre emprisonnement, le força à être prudent. Cependant, il ne put s'empêcher d'écrire alors ces quelques lignes, qui eu disent plus qu'elles ne contiennent de mots :

(.< J'avais dessein, monsieur, de faire des remarques sur la dernière tragédie du fameux M. de Voltaire, intitulée le duc de Foix, qui vient d'être imprimée après un médiocre succès. Mais, pour de bonnes raisons, j'ai pris le parti de me borner à une simple analyse ^ »

Fréron — il faut le dire, sous peine de ne rien comprendre aux persécutions dont il fut l'objet de la part de Voltaire, de madame de Pompadour, du ministre Choiseul et de la tourbe encyclopédique, pendant toute sa vie, — Fréron était odieux, à plus d'un titre, à ce parti puissant. Il sortait des Jésuites, dont il avait été rélève; il avait fait ses premières armes sous l'abbé Desfonlaines; il s'annonçait et se produisait comme un écrivain religieux et ennemi juré des philosophes.

Sans l'active et puissante protection de Stanislas et de Marie Leczinska, reine de France, Fréi'on eût succombé cent fois pour une ; (jiie dis-je? dès la première attaque de ses ennemis, il eût été vaincu à tout jamais.

Le moment était arrivé où Stanislas allait confirmer plus étroitement encore à Fréron les témoignages d'une protcctinii (|ue i-ien ne devait ébranler; en 17.")3, l'éminent ci'itiqiio fut reçu membre de l'Académie de Nancy, récem-

1. Lettres sur (juelijups écrits, l-Ic, 175{, tome Vlil, pajjfcs .iô [à lO). Lettre II (18 janvier l'iWô).

ment foudée pai' son bienfaiteur. Laissons à Fréron le plaisir bien naturel de nous raconter sa reconnaissance envers Stanislas ; écoutons son discours de réception et initions-nous ainsi, de plus en plus, à ces détails de la vie intellectuelle et des goûts littéraires du dix-huitième siècle, à la cour du meilleur et du plus sage des rois.

Un discours de réception. — Vers adressés par Frérou au roi Stanislas. — Opuscules de M. F***. — Le libraire Duchesne. — Un mot d'éditeur. — Fréron fonde l'Année littéraire. — Le chevalier de la Morlièrc. — Loépreuves d'une critique impartial. — Profession de foi. — Études incessantede Fréron. — Un aveu bon à recueillir. — Vers dun filleul à son parrain. ~ Ce que devint le filleul.

« Vous savez, monsieur, que c'est au roi de Pologne, père de notre auguste et vertueuse reine, quf je dois le rétablissement de mes feuilles. Ce prince, sur le désir que je témoignai il y a trois mois d'être de l'Académie de Nancy, qu'il a fondée' et qu'il éclaire, me fît encore l'honneur de me proposer lui-même, dans une de ces séances particulières, où déposant la majesté du trône, il ne brille que do l'éclat du mérite personnel. Je fus élu d'une voix unanime. La reconnaissance m'a inspiré d'aller porter moi-même mes hommages aux pieds d'un roij dont le goût et le zèle pour les sciences sont si vifs, qu'il daigne abaisser ses regards sur un des moindres citoyens de la République des lettres.

(( J'arrivai à Nancy le 7 mai (1753); Le lendemain, jour destine à l'Assemblée pubUque de l'Aca-

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