Le marquis de Prié
vait-il, en 1756, — et, malgré mon double travail de prose ', je me livre quelquefois à mon goût pour les vers. Je suis d'ailleurs un peu blessé de la médiocre opinion que donnent dans le monde du talent de la critique tant d'auteurs intéressés à l'avilir. Interrogez tous les petits poètereaux, que je ne puis louer en consciense, ils vous répondront qu'il n'y a rien de si facile que de critiquer, qu'il est bien plus aisé de détruire que de bâtir, etc. Tous ces propos me piquent, je vous l'avoue, et sans admettre, comme de raison, la très-mince idée qu'ils ont ou qu'ils affectent du genre que je cultive, je suis bien aise de leur faire voir que, si je voulais m'en donner la peine, je ferais des vers qui, sans valoir grand' chose, seraient pour le moins aussi bons que les leurs ^. »
La roconnaissanrc qu'il avait vouée au roi Stanislas, qui, non content de soutenir l'Année littéraire et de lui procurer l'appui de sa fille, la reine Marie Leczinska, avait daigné être le parrain de son fils, auquel il avait donné son nom; la reconnaissance dicta à Fréron, ces vers qu'il eut l'honneur de présenter lui-même à son Itienfaileur, à Versailles, le 28 septembre IToO, pendant le séjour de Stanislas à la cour de Louis XV, où, tous les
1. Fréi'uii était un des réilacteurs du Jouinfil étvnnycr, l'ondé en 1751, on même temps que Y Année littéraire, et il écrivait dans <'cs deux fouilii s, mais il quitta bientôt le Journal étranger, pour s'occuper ontièromcnt de sou Année littéraire.
■J. ].'A>inér liftéroirr, ITâO, tome III, papes 280 et 280.
ans, il venait passer quelques jours près de sa vertueuse et bien-aimée fille.
Pour tracer un portrait fldelle De mon auguste Bienfaiteur, Tel qu'il est gravé dans mon cœur, Ce serait trop peu d'un Appelle
Ici des lauriers du dieu Mars La Gloire à nos yeux le couronne ; Là les Divinités des Arts Des lauriers du fils de Latone.
Tantôt, ses plus chères vertus, L'humanité, la bienfaisance.
Nous font jouir de la présence Des Antonins et des Tiliis.
Tantôt c'est le sensible Éuée
Qui domptant le sort envieux,
Fuit sa patrie infortunée,
Et va chercher avec ses Dieux,
Par l'ordre de la Destinée,
Un- autre Sceptre et d'autres Cieux.
L'Église à son tour le propose Comme un modèle à tous les Rois, Et dans lui nous montre à la fois Un Constantin, un Thiodose.
Tant de vertus et de talents '
De STANISLAS sont le partage.
Qu'il faut vingt crayons différents Pour bien dessiner son image '.
Bientôt, une inspiration qui (ait honneur au cœur et à l'esprit de Fréron, excita de nouveau sa verve poétique. Né en i7oo, le fils du critique avait eu pour parrain