‹ Les confessions de FréronChapitre 4 sur 189 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Cependant, malgré tant de moyens et de sources d'informations, nous ne connaissons pas la littérature du dix-huitième siècle ; à peine quelques noms, et de ces quelques noms peu d'oeuvres sont du domaine des études modernes des catholiques. En somme, on a plus Iules Lettres persanes que V Esprit des lois, les tragédies de Voltaire que sa correspondance, etc., etc., etc.

Dans cette époque si remplie, Fréron est un cicérone instruit; il en sait à fond l'histoire, et il en parle à merveille la langue, dont aucun secret ne lui est étranger : il ne dit que ce qu'il a vu; ses modèles, il les a pratiqués et connus, en quelque sorte, en déshabillé.

Du dix-huitième siècle, Voltaire n'a fait que la caricature, que l'on prend cependant pour le portrait; or, la caricature peut, tout au plus, servir de moyen de contrôle... et encore avec combien de prudence !

Fréron, lui, a peint le portrait; s'il exagère quelquefois, ce n'est que pour mieux accentuer la physionomie et lui donner un relief qui la mette en pleine lumière.

C'est dans cette galerie de types que nous voulons introduire les gens de goût et de sens.

Il est aussi injuste de ne voir que Voltaire,

PRÉFA.CE. XI

Rousseau, les encyclopédistes, et même Crébillon fils entête du siècle dernier, sans tenir compte des Fréron, des Guénée, des Bergier, etc., que de s'obstiner à placer uniquement au seuil de ce temps-ci Parny et Pigault- Lebrun, en ayant l'air d'oublier Joseph de Maistre, de Bonald et Chateaubriand.

Depuis plus de trente ans tout à l'heure, les deux derniers siècles de notre littérature, — le dix-huitième plus particulièrement, — sont l'objet d'études nombreuses, variées, parfois même enthousiastes. Les auteurs dramatiques, les historiens, les poètes, les écrivains de tous genres de l'époque qui précéda immédiatement la nôtre, sont analysés, estimés à leur valeur, avec plus ou moins d'impartialité. Seuls, les critiques ont été oubliés dans cette revue à peu près générale des forces intellectuelles d'un temps qui compta cependant, en ce genre éminemiçent difficile, ingrat et rarement sympathique, des hommes tels que Desfontaines, Fréron et

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