‹ Les confessions de FréronChapitre 46 sur 189 · Commencé en 175G · texte numérisé non relu

Commencé en 175G

(( Ainsi, monsieur, malgré mon expérience continue de la justesse du proverbe, la vérité blesse, je suis bien résolu de la dire tant que je vivrai, au risque de me faire encore des ennemis, que je ne puis même soupçonner ; car en critiquant tel auteur, j'offense, sans le savoir, tel protecteur, telle protectrice que je ne coimais pas. La littérature est, parmi nous, une affaire d'intrigue et de coterie. Pour moi, je ne tiens à aucune cabale, à aucun bureau de belesprit, à aucun parti, si ce n'est à celui de la religion, des mœurs et de l'honnêteté : et, malheureusement, c'en est un aujourd'hui'. »

Au comineiiceinent de 1760, la luort du roi Stanislas enleva à Fréron un de ses plus puissants protecteurs, au moment niùnie où il en avait d'avantage besoin. Sensiblement affecté d'une telle perte, il écrivit alors un bel éloge funèbre de son bienfaiteur, où respire à chaque ligne l'éloquence d'une douleur vraie et profonde. Le début en est surtout heureux :

« Lorsque Z'/r/yV/zi mourut, il y avait, à Rome, un écrivain sur lequel il av;dt jeté quelques regards de bienveillance particulière. Cet homme de lettres, inconsolable de la porte de son bienfaiteur, voulut tracer, dans quelques lignes arrosées de ses pleurs, l'amertume de ses regrets et la vivacité de sa reconnaissance. Mais son faible talent se ressentit de l'al-

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