VAnnep. /ittemire, 1759, tome I, pages 217 et
ont toute leur vie des peuples à gouverner, à rendre heureux. Ils doivent donc étudier constamment et de bonne heure la science de la politique.
Cette science est encore nécessaire aux princes qui approchent du trône, aux ministres chargés d'en défendre les droits, à tous ceux qui entrent dans les conseils des rois, aux négociateurs, aux généraux d'armées, et à une infinité d'autres personnes qui, par leur place, par leur rang, par leurs emplois ou par leurs écrits, peuvent contribuer au bonheur du genre humain'.
Notre littérature se ressent de là légèreté de notre caractère; nous ne faisons que changer d'excès; il a été un temps où l'on ne composait, on ne lisait, on n'estimait que des aventures romanesques. Un écrivain ne pouvait acquérir le brevet de bel esprit qu'il n'eût imaginé un roman: cette maladie avait gagné jusqu'au théâtre; elle se répandait même sur les genres les plus austères de l'art d'écrire.
Cette fureur (car c'en était une des plus violentes) s'est tout d'un coup ralentie pour faire place à une autre numie qui, i)eut-être, n'est pas moins ridicule. Tous nos gens de lettres, tous nos barbouilleurs de papiers, nos écrivaillcurs, nos pfnlusophisies, se sont mis à raisonner politique, commerce, législation, etc. Nos rimailleurs même ont proposé des plans de gouvernement ; cette