‹ Les confessions de FréronChapitre 60 sur 189 · JA)i)iée lit/crairr, 1760, loiiieJ, pages 289 et · texte numérisé non relu

JA)i)iée lit/crairr, 1760, loiiieJ, pages 289 et

triste folie nous est venue de l'Angleterre avec d'autres vices.

Assurément je ne prétends point blâmer un écrivain éclairé, judicieux, qui aura beaucoup vu, beaucoup observé, dont le génie enfantera des préceptes utiles, des systèmes qui peuvent quelquefois oiîrir des lumières et faire naître des opérations avantageuses à la patrie : mais faut-il, parce que les arbres fruitiers sont nécessaires, arracher toutes les fleurs?

Ne saurait-on conserver à la fois l'utile et lagréable ^ ?

L'ambition, à force d'être vaste, devient ridicule.

Qu'est-ce qu'un homme qui veut faire le bonheur de l'univers ? Il n'y a qu'an fou à qui cette idée puisse venir; et l'on rit quand on lui voit emplir sa bouche de ces grands mots d'amour de l'humanité, de bienfaisance universelle. Qu'un roi se propose de rendre son peuple heureux, ce dessein est noble et beau, parce que l'exécution en est possible ^.

L'art de la guerre ne consiste pas seulement à livrer bataille à ses ennemis, à les attaquer avec courage, et à les poursuivre avec vigueur lorsqu'on a eu le bonheur

1. L'Amiée littéraire, tome II, pages 289 et290. ■2. Ibid., 1760, tome IV, page 163.

de les vaincre. Les peuples les plus barbares, les moins policés, sont également capables de ces exploits; mais, lexpérience ayant démontré qu'une victoire sanglante est souvent plus funeste qu'un léger échec, on a reconnu que la science militaire était de se procurer les avantages d'une guerre heureuse avec le moins de perte, en ménageant dans toutes les occasions le sang du soldat et sa peine \

11 ne faut pas confondre les maladies d'un État avec sa décadence. Ses maladies ressemblent assez au corps humain, qui souvent éprouve des crises pour parvenir h une santé plus vigoureuse^.

Comment entretenir la paix parmi les hommes dans l'univers entier, quand la plus petite famille est déchirée de divisions? Que notre grand Rousseau a bien dit :

Otez l'intérôt de la terre, Vous en exilerez la guerre !

Faut-il qu'un poëte instruise des législateurs'?

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